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 rien n'est fini [Clarke]

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MessageSujet: rien n'est fini [Clarke]   Jeu 14 Déc - 4:41



rien n'est fini
Camp Jaha, 17 février, nuit
Dagger porte un pantalon cargo, un débardeur et un blouson noir. Ses cheveux sont attachés en queue de cheval. Elle porte des bottes usées qui montent au-dessus de la cheville.
L'air froid de la nuit était agréable. Il n'y avait pas d'humidité dans l'air et c'était un contraste marquant avec tout ce que j'avais connu depuis mon arrivée sur la Terre. Je n'étais pas enfermée, je n'étais pas torturée et il faisait froid. Je n'étais pas très habillée pour ce type de froid, mais présentement, je m'en fichais. J'étais bien, le froid était le bienvenue. Si docteure Griffin me voyait présentement, j'aurais sûrement droit à un sermon, je n'étais pas encore entièrement remise, physiquement. J'avais encore beaucoup de blessures ouvertes, mon pied droit me faisait mal et cela paraissait dans ma démarche, je boitais, pas énormément, mais assez pour qu'on le remarque si on me portais attention.

Mais ça faisait deux mois, deux longs mois que je n'avais pas simplement eu le plaisir de marcher comme je le voulais, selon mon gré. J'étais encore supposée être en repos forcé, je devais éviter de faire subir à mon corps des stress inutiles. Par contre, je n'en pouvais plus qu'on me dise sans arrêt quoi faire. J'avais eu plus de liberté sur l'Arche, alors ce soir je me risquais à peut-être empiré un peu mon état pour sauver mon esprit.

De toute façon, je n'arrivais pas à dormir. Ils avaient enfin coupé sur les médicaments, un truc naturel de la Terre, ça avait un goût affreux et je détestais la sensation au réveil. Toutefois, cette concoction amer gardait les rêves éloignés. C'était les rêves qui me gardaient éveillés. À chaque fois que je réussissais à trouver le sommeil, je retournais prisonnière dans ces grottes à la chaleur et l'humidité étouffante, à l'odeur nauséabonde du sang, de la sueur et d'autres qu'aujourd'hui je préférais simplement tenté d'oublier.

Être dehors, marcher librement et me sentir frissonner... C'était libérateur, je sentais que j'avais un contrôle parce que j'avais décider d'être là et si j'avais froid, c'était quelque chose que je n'avais jamais ressentie dans les grottes. Alors je me disais que je pouvais convaincre mon esprit que tout était terminé et qu'il pouvait arrêter de me tourmenter avec des souvenirs que je préférais oublier.

De toute façon, je voulais reprendre mon poste de garde aussitôt que j'en aurais la chance. Il en avait besoin, surtout des gens déjà formés, les jeunes avaient gagné de l'expérience avec leur vie ici, mais ils ne pouvaient pas remplacer un garde de plusieurs années d'entraînement et d'expérience.

Alors connaître les alentours du périmètre du camp serait utile et ça m'occupait. Je ne marchais pas simplement sans but, même si ça pouvait le paraître. Je marchais pour apprendre et tenter d'oublier. Tout en essayant de rester un peu hors de vue, pas trop car ça aurait été suspect, mais juste assez pour qu'on ne me porte pas plus d'attention que nécessaire. Mes yeux se tournèrent vers le ciel où il y avait les étoiles et peut-être la dernière partie de notre vie passée. La vue était complètement différente vu de la Terre et je m'arrêtais un moment pour tout absorber, c'était la première fois que pouvais voir le ciel nocturne depuis le crash de la station.
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MessageSujet: Re: rien n'est fini [Clarke]   Jeu 14 Déc - 11:44

L’hiver se rendormait. Cela prendrait encore plusieurs jours, voir quelques semaines. Mais déjà le froid redevenait un souvenir pour Clarke, qui ne gardait son écharpe que par soucis de confort, plus qu’une quelconque peur du froid. Sa peau commençait à s’habituer aux changements constants de température, de météo, et elle, elle ne s’en lassait pas, de voir un paysage changeant au fur et à mesure que le temps passait. C’était tellement différent de l’Arche, où fixer un point pendant des mois revenait à la même chose que de le fixer quelques secondes. Ici sur terre, si Clarke elle ne saisissait pas le monde dans son entièreté, elle serait incapable de le reconnaitre. Ça la fascinait, ça la charmait. Ça l’avait remotivé à prendre les morceaux de fusain et à noircir quelques pages, de ces visions mouvantes, dessinant parfois les mêmes prises de vues, aux aléas des saisons. Il y avait eu l’automne, il y avait eu l’hiver. Clarke attendait avec impatience le printemps, et ce n’était pas seulement pour voir l’épanouissement d’une nature endormie (il y avait eu une demande, une promesse de la part de Lexa. Son cœur, à chaque fois qu’elle y songeait, battait d’une véhémence certaine, une force qu’elle n’avait pas connu, qu’elle ignorait pouvoir ressentir. Mais le feu était là, dans ses veines, feu précieux qu’elle protègerait, coute que coute).

Ce printemps, peut-être, amènerait-il une paix. Une réelle paix, qui dure et s’étend paresseusement jusqu’à la saison prochaine, jusqu’à l’année prochaine. Cependant, Clarke ne se faisait pas d’illusion. Elle serait bien l’une des dernières à se bercer de rêves éphémères. Non, elle resterait toujours sur le qui-vive et sa venue au Camp Jaha était suffisante pour lui rappeler les cauchemars qui avaient arrêté de la poursuivre, quand elle était sortie d’une grotte, légèrement blessée à la cuisse droite. Il y avait des traitements qui resteraient, continueraient d’apposer leur fléau sur les âmes. Clarke avait pris des nouvelles de ceux de la station agro qui avaient été sauvés, ne les ayant pas vu depuis qu’elle les avait quitté au Shiedgeda. Dans l’ensemble, ils se soignaient sur le plan physique. Sur le plan mental… les quelques rares psychologues de l’Ark auraient de quoi s’occuper, elle n’en doutait pas.

La nuit était tombée, elle sortait d’un énième échange avec sa mère. Il était plus facile de se concentrer sur la situation des archéens, que de se confier sur le plan personnel. Elle était restée évasive suite aux questions de la chancelière et elle avait prétexté être fatiguée, pour mettre un terme à la considération maternelle. Ca n’avait pas été un mensonge. Elle avait voyagé toute la matinée pour arriver à Camp Jaha et la fatigue commençait à la gagner. Ca ne serait pas suffisant pour qu’elle s’endorme sans mal ici, ça ne l’était jamais. Après une petite discussion avec Raven, elle s’était finalement retrouvée dehors, où elle contemplait l’une des vues préférées qu’elle avait. Une silhouette passa, comme il y en avait tant. Mais elle reconnut une ancienne garde, une garde qu’elle avait affectionné un minimum, lors de son isolement dans la Skybox. « Muze ? » interpella-t-elle. Clarke se défit de son point d’observation, descendant de la caisse en métal avec une certaine aisance. Elle s’approcha tranquille, les mains enfoncées dans les poches de son manteau chaud, une ancienne veste de l’Arche, qui avait été doublée de fourrures – Clarke avait vite assimilé que les "siens" étaient moins réticents, quand elle s’affichait ainsi, comme si elle appartenait encore à l’espace qu’elle abhorrait tant.

Elle leva les yeux vers le Ciel, vers ces étoiles qui brillaient d’un éclat typique à la Terre. Il y eut un sourire. « C’est tellement différent de ce qu’on avait l’habitude de voir, tu ne trouves pas ? » Les étoiles aussi, changeaient avec les saisons, les angles étaient différents, parfois Saturne se montrait, ou Mars. Mais en cette nuit d’hiver, il n’y avait qu’un océan de lumières paisibles.

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MessageSujet: Re: rien n'est fini [Clarke]   Jeu 14 Déc - 16:58



rien n'est fini
Camp Jaha, 17 février, nuit
Dagger porte un pantalon cargo, un débardeur et un blouson noir. Ses cheveux sont attachés en queue de cheval. Elle porte des bottes usées qui montent au-dessus de la cheville.
Je cherchais inconsciemment des constellation familière dans le ciel nocturne, celle que j'avais bien aimé trouvé à partir de l'Arche quand j'étais seulement une ado. Il n'y en avait pas beaucoup que j'arrivais à retrouver, mais j'ai facilement identifié la grande ours, l'une des plus classique et facile à trouver. Elle était près de l'horizon, alors il n'y avait plus qu'à suivre les 5 étoiles alignées avec la plus élevée du grand chariot pour trouver la petite ourse et l'étoile polaire. Orion était aussi visible, c'était facile de trouver les trois étoiles qui formait sa ceinture et ensuite le reste de la constellation.

J'étais loin d'être une experte, j'avais lu un livre, une fois et je m'étais distraite pendant quelques temps avec les étoiles. De l'Arche, je n'étais pas limitée par le jour ou la nuit. Le ciel bleu du jour m'avait empêché de me distraire de cette façon pendant les longues heures de voyage, couchée dans l'une des charrettes tirées par les chevaux défigurés. J'avais réussi à me distraire d'autres façons, parfois en prétendant être endormie pour éviter des conversations inutiles ou simplement pour tenter de me couper du monde.

Le son de mon nom me tira de mon observation. Il ne me faisait pas sursauté comme d'autre son. Jamais les natifs des grottes ne m'avaient appelée par mon prénom, encore moins mon surnom. Je ne reconnaissais pas la voix sur le coup. Alors je tournais la tête pour voir la personne qui m'avait appelé. Il me fallut un moment pour l'identifier. Les cheveux blonds m'aidaient, la taille et les proportions du corps et bien que le visage restait pareil, il avait changé, il était plus adulte, le regard aussi. La vue de la jeune femme me tira un sourire, elle avait vieilli malgré le peu de temps qui s'était réellement écoulée depuis la dernière fois que je l'avais vue, mais d'une certaine façon, elle le portait bien. Son regard était différent aussi, mais c'était le cas du regard de tous les archéens. Ce monde était différent et il les avait tous changer.

"Clarke." C'était ma salutation, ma voix sonnait étrange à mes oreilles, elle était moins rauque qu'à mon réveil dans l'infirmerie de fortune, ma gorge me faisait moins mal aussi, quand je parlais, mais ce n'était pas la voix que j'avais eu sur l'Arche. Ou peut-être que si? Peut-être que j'avais simplement oublié le son de ma voix pendant les deux mois de torture. Je ne savais plus trop. Ce que je savais, c'était qu'avec ma salutation, je pouvais confirmer à Clarke que je la reconnaissais. Ses vêtements étaient familiers, mais modifié. J'avais entendu parler du plus fort de l'hiver quand les gens pensaient que je n'écoutais pas. Quelques modifications aux vêtements avaient dues être nécessaires, mais la vision de la fourrure, utilisée de la même façon que mes capteurs, causait un étrange noeud dans mon estomac, mais je tentais de l'ignorer, c'était stupide comme réaction, ce n'était qu'un bout de vêtement.

Mes yeux retournèrent vers le ciel à son commentaire, l'observant une nouvelle fois.

"Il est différent. Il y a moins d'étoiles. La lumière est différente." J'observais de façon un peu plus rationnelle que simplement la beauté du ciel, mais ça ne signifiait pas que je ne la voyais pas. "Il y a quelques nuages." Les nuages étaient quelque chose d'impossible dans l'Arche. "Mais... Il y a plus à ressentir." Je disais ça en même temps de prendre une inspiration en fermant les yeux et me laisser imprégner des odeurs, celle du métal, de la petite neige, du bois plus loin, du froid qui gelait un peu mes poumons. "C'est la première fois que je peux voir la nuit, ici, sur Terre."

Parce que j'avais été enfermée depuis mon arrivée. C'était la première fois que j'avais un réel moment de calme, où je me sentais un peu plus paisible. Je ne souriais pas, je ne souriais pas souvent, mais j'appréciais le moment. L'odeur de la fumée du feu de camp vint jusqu'ici avec le mouvement du vent et un court j'avais un éclair de souvenir de la grotte qui me fit sursauter légèrement et ouvrir les yeux pour me recentrer dans le présent. Je fermais mes poings pour éviter qu'ils ne tremblent.

"Tout est différent ici."
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MessageSujet: Re: rien n'est fini [Clarke]   Ven 15 Déc - 11:35

Muze avait changé. Ils étaient tous différents oui, ça n’était pas une raison pour amoindrir les faits, pour fermer les yeux sur la maigreur évidente du garde, la posture moins droite que celle qu’elle adoptait dans l’Arche, de l’assurance dans son regard qui n’était plus. La Terre avait le don, cette caractéristique, de les bouleverser au plus profond d’eux-même. C’était d’autant plus le cas quand certains avaient été torturés pendant une si longue période. Clarke était au courant pour Muzzarelli, elle était au courant de tout ce qu’il se passait ici à Camp Jaha. C’était ironique, car elle ne se sentait plus attachée à ce lieu. Mais l’Arche, les Archéens ne voyaient peut-être pas la situation du même œil. Sa mère s’efforçait de l’informer de ce qu’il se passait, des avancées qui se faisaient malgré l’hiver. Clarke ne pouvait se mentir que durant un laps de temps. Car elle revenait toujours à Camp Jaha, pour un prétexte ou un autre. Ici se trouvait ceux qui l’avaient éduquée – trompée, trahie, enfermée. Les attaches ne se détruisaient pas aussi simplement. Et Muze faisait partie de ces rares personnes qui avaient eu de la compassion pour elle, lors de son isolement. Ce qui l’avait probablement sauvé de la folie, en quelque sorte.

« Il est différent. » Clarke imita l’adulte et leva les yeux vers le ciel, retrouvant les traces familières des constellations qu’elle était habituée à voir maintenant. Ce n’était plus le même jeu de piste qu’avec les cartes stellaires qu’elle avait étudié avec son père. C’était un environnement familier, une boussole qui ne la tromperait jamais, un moyen de retrouver ses pas, et de se diriger aussi loin qu’elle le désirait. La blonde acquiesça en silence aux propos de Muze. Elle comprenait de quoi il était question, car la sensation, bien qu’enterrée par d’autres, restait bien vive dans sa mémoire. Comment oublier ? « Il y a plus à ressentir. » Tellement plus. Il y avait le bruit de la forêt, la respiration des arbres, l’agitation des insectes et des oiseaux, Il y avait l’odeur du métal travaillé par la pluie et la neige, tellement différente de celle du métal aseptisé qu’il y avait eu dans l’Arche. Il y avait l’odeur de la sueur et de la terre, l’odeur de l’hiver. C’était un monde dont ils avaient tant rêvé… en rêvaient-ils encore ?

« C'est la première fois que je peux voir la nuit, ici, sur Terre. » Elle observa Muze, les traits de son visage, la fébrilité qui l’abritait. Clarke connaissait les épreuves que la garde avait traversées. Elle ne voulait pas en parler, ça n’était pas à elle de le faire, ce n’était pas ce qui définissait la brune. « La première nuit que j’ai passé sur Terre, on était dans les bois. » On. Elle ne put s’empêcher de penser au petit groupe qu’ils avaient formés, combien ils étaient innocents et ignorants. « A dormir à même la mousse et sur les rochers. » Elle ne chercha pas à combattre le sourire. « Et autour de nous, il y avait ces champignons phosphorescents qui recouvraient les arbres. » Elle les voyait encore, parfois, dans ses souvenirs ou juste devant ses yeux. Elle pourrait dire exactement où cette portion de forêt se trouvait, s’y rendrait les yeux fermés, alors qu’auparavant, elle avait eu besoin d’une carte et d’un compas. « Je n’ai pas beaucoup pensé aux étoiles, cette nuit là. » Entre l’attaque du serpent géant et d’une lance dans le torse de Jasper, elle avait pensé à d’autres choses. A cette inquiète de trouver de la nourriture, de croiser d’autres animaux, ces empreintes de pas que Finn avait prise pour celles de singes… Au final, elle avait eu raison, une fois de plus.

Son expression s’était quelque peu renfermée, sa ligne de réflexion revenant sur des éléments traumatisants des premiers jours. Elle secoua la tête. C’était du passé, elle était à Camp Jaha, avec une Muze qui sursauta. Clarke, une fois encore, ne dit rien. « Tout est différent ici. » Elle ne pouvait qu’être d’accord, la fille du Ciel. Elle avait eu le temps de s’adapter, de survivre, de diriger, de tuer… « C’était un peu idéaliste de la part de nos ancêtres, de penser qu’il nous suffirait d’attendre assez longtemps pour rentrer à la maison. » Sa voix restait douce, malgré la raillerie évidente. « Mais nous n’avons pas d’autre choix que d’en faire notre chez nous, maintenant. » Certains y arrivaient haut la main, d’autres moins bien. Mais Clarke n’en voudrait à personne pour avoir un rythme différent. Ils n’avaient pas traversé les mêmes épreuves, loin de là…

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MessageSujet: Re: rien n'est fini [Clarke]   Sam 16 Déc - 23:07



rien n'est fini
Camp Jaha, 17 février, nuit
Dagger porte un pantalon cargo, un débardeur et un blouson noir. Ses cheveux sont attachés en queue de cheval. Elle porte des bottes usées qui montent au-dessus de la cheville.
La temps avait un peu passé depuis ma libération et j'arrivais enfin à marcher sans manquer de force. C'était une bonne chose, mais j'étais toujours hanté par ces trois derniers mois. Peut-être que je le serais toute ma vie. Je détestais quand un souvenir me revenait sans prévenir. Je devais toujours prendre un moment pour contrôler mon corps. Je réussissais à chaque et je pense que ça devenait un peu plus facile avec le temps.

Me concentrer sur autre chose aidait aussi, tenter d'oublier ce qui avait causé le souvenir impromptu. Alors je me suis concentrée sur les paroles de la jeune femme avec compassion, malgré ce qui m'étais arrivé. Je n'avais pas eu de moments faciles depuis mon arrivée, mais je savais que je descendais sur Terre, je savais quel était les risques. Je savais. Clarke et les autres jeunes n'avaient pas eu cette chance. C'était arrivé et je n'avais eu aucun pouvoir dans ce qui s'était passé, alors des excuses ou de la sympathie aujourd'hui ne changeait rien. C'était simplement la vie, j'avais été torturé par les natifs et Clarke avait été trahi par l'Arche. Nos histoires n'étaient pas pareil, mais pas si différentes au final. C'était une suite de difficultés, de douleurs et ce n'était pas fini. Je m'en rendais compte quand j'entendais les autres parlés de tout ce qui s'était passé pendant que j'étais enfermée dans ces grottes. Le prochain désastre était probablement déjà en train de se préparer s'il n'était pas déjà arrivé à quelque part et les répercussions nous frapperait bien assez tôt.

C'était simplement une question de temps. Avant un prochain malheur, une prochaine douleur, un prochain mort, une prochaine guerre. Je n'en avais pas encore connues comme celles que Khensit m'avait parlé, mais j'en connaîtrais sûrement. Les natifs... ils étaient dangereux et je ne pensais pas que de s'allier avec eux était une bonne chose. Pas sans précaution. Je comprenais ce qu'on pouvait tirer d'une alliance avec eux, surtout que l'on était en position de faiblesse par rapport à eux. On ne connaissait rien à la Terre et encore moins y survivre, mais il ne fallait pas rester là, les yeux bandés à faire confiance aveuglément.

Qui pouvait vraiment dire que tout ce qu'ils faisaient n'était pas une immense mise en scène?

C'était peut-être stupide, mais la peur qui couvait dans mon estomac me dictait ces pensées irrationnelles nourries par les plaies encore ouvertes et les nouvelles cicatrices qui hantaient mon corps. Ce n'était pas l'Arche, les natifs de la Terre étaient fondamentalement différents, forgés dans les radiations, la violence, le cycle de haine et la brutalité.

Ils étaient différents. Tout était différent ici. Pas comme nos ancêtres avaient imaginés.

"Ils avaient connu la Terre, c'était leur maison. Leurs souvenirs. Nous sommes des étrangers." Venus de l'espace. Ça me rappelait certains de ses films dont il y avait parfois des visionnement sur l'Arche, les rares dvds qui fonctionnaient encore après près de 100 ans. Ils étaient les extra-terrestres pourchassés, enfermés et expérimentés dessus.

"Tant que le choix ne nous ait pas retiré." Avoir un choix impliquait avoir la liberté d'en faire un et tout ce que j'avais connu sur Terre, c'était l'absence de liberté. D'abord enfermée contre mon gré avec mes compatriote, j'avais ensuite été confinée à mon lit par les médecins et des substances pour me faire dormir. Je n'avais jamais eu de choix, de liberté.

Mes mains se portèrent à mes poignets encore dans des bandages, fraîchement changé un peu plus tôt. L'infection qui avait envahi les plaies commençaient enfin à se retirer, mais la douleur restait présente à chaque mouvement. D'après Jackson, il faudrait encore quelques semaines avant que mes poignets ne soient complètement guéris.

"Vous avez été forts de survivre ici, seuls" C'était un compliment. Les 100 jeunes envoyés sur Terre avait forts et débrouillards. Je ne savais pas si des gens leur avait déjà dit. "C'est admirable." Surtout après avoir expérimenté la Terre personnellement. Ma main droite serra inconsciemment les bandages de mon poignet gauche et mon cerveau prit un certain temps avant d'identifier la douleur accrue. Je retirai ma main rapidement pour observer un peu de rouge sur celle-ci et le bandage. Apparemment c'était un bon signe. Je préférais simplement l'ignorer.
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MessageSujet: Re: rien n'est fini [Clarke]   Dim 17 Déc - 12:03

« Nous sommes des étrangers. » Il y eut ce mince sourire triste, qui naquit sur le coin des lèvres de Clarke. Ca avait été leur exode, du Ciel jusque la Terre. Une incarnation dont les symboles s’étaient faits dans leur chair, de ces cicatrices qui resteraient jusqu’à leur mort. Peut-être que tout ceci n’était que le Purgatoire et qu’ils étaient réellement morts, sur l’Arche, ou ailleurs. Clarke y avait longtemps cru, qu’au regard de leurs péchés dans l’espace, ils n’étaient pas dignes de vivre. Qu’au regard de tout ce dont elle avait été capable de faire (et qu’elle referait, sans la moindre hésitation), il n’y avait plus une once d’humanité en elle. Puis, il y avait ce genre d’échanges qui se faisaient, au creux de la nuit, quand les âmes n’arrivaient pas à s’endormir, parce que la réalité était moins pire que les rêves. « Tant que le choix ne nous ait pas retiré. Clarke regarda Muze, le mouvement sur ses poignets, ces blessures qu’elle reconnaissait sans mal, parce qu’elle les avait vu sur tous ceux de la station Agro. Elle ne dit à rien à ce sujet. Ce n’était pas à elle de les aider à dépasser leurs blessures physiques. Cela revenait à eux-mêmes, aux forces qu’ils leur restaient. « Tu l’as pris, ce choix, non ? » C’était un mode de penser particulière. « Tu as choisis de survivre à tout ce qui se présentait. Tu es toujours là, vivante, à voir le ciel pour la première fois. » Elle se préparait à une remarque, à ce qu’on la contredise. Clarke en avait l’habitude, car elle daignait ne pas se placer en victime. Elle se voyait en survivante, bien qu’elle eut longtemps douté de la part d’elle-même qui avait survécu.

« Vous avez été forts de survivre ici, seuls. C’est admirable. » Il y eut de l’ennui chez Clarke, en même temps que cette petite moue. Elle haussa les épaules, sentant encore le tiraillement dans son épaule gauche. Elle eut quelques pas, marchant sur place, se décalant un peu. Son regard se tourna vers un point invisible, où des mois auparavant, elle avait décidé de mettre fin à la vie de Finn. « Nous n’étions pas seuls. Nous étions Cent. » Cent-et-un, nonante-neuf, nonante-six, nonante-cinq, nonante-quatre. Les morts furent vite comptés, les vivants décomptés. « Il n’y a rien d’admirable à cela. » Un miracle, surement. Mais il n’y avait rien d’admirable, oui, à enfoncer sa lame dans la gorge d’un enfant à l’agonie. Rien d’admirable de bruler une armée sur le point de s’abattre sur les siens. Rien d’admirable à s’enfuir alors qu’un missile était sur le point de raser un village.

L’espace de quelques secondes, Clarke était ailleurs, face à ses morts qui s’étaient succédé, cette violence qui s’était déchainée. Puis, elle battit des cils, ramenée à la réalité au craquement du bois, dans le feu qui illuminait à peine la nuit. « Pardon. » C’était un soupir. « Je ne serais jamais reconnaissante pour les félicitations de ces moments-là… Car il n’y a rien qui ne mérite les félicitations. » Ca restait lourd, toujours, ça ne s’arrêterait jamais. Clarke avait arrêté d’essayer de le nier, elle l’avait accepté, cette force noir et universelle qu’elle possédait, comme des éclats de charbons qui, allumés, donnaient la force du feu.

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MessageSujet: Re: rien n'est fini [Clarke]   Ven 5 Jan - 2:17



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« Tu l’as pris, ce choix, non ? » Ma tête se tourna vers mon interlocutrice avec des questions dans les yeux. Quel choix? Bien sûr, elle précisa rapidement ses pensées. Je n'étais pas certaine de voir ce qu'elle voyait. Je voulais abandonner, j'aurais abandonné, mais les secours sont arrivés juste à temps et rester en vie, c'était en partie grâce ma volonté, peut-être, je refusais de mourir et laisser un autre archéen prendre des coups alors que j'aurais pu les prendre à sa place. J'étais un choix logique, dans la force de l'âge, en santé, en bonne forme physique grâce à tous les entraînements avec Khensit. Ça n'aurait pas été logique de laissé un peu plus jeune ou un plus âgé prendre les coups à ma place. Par contre, j'allais abandonner à la fin, tout lâcher, j'en pouvais plus, mes forces m'avaient complètement quittées, je ne savais plus distinguer la réalité des hallucinations causées par la fièvre. Évidemment, je n'avais oser le dire qu'à Khensit. C'était peut-être une forme de choix, mais cela faisait naître un sourire ironique, sarcastique, même sardonique sur mon visage.

Je n'étais pas certaine que c'était entièrement mon choix. Mes bourreaux avait simplement décidé de me garder en vie en arrêtant leurs tourments avant qu'ils ne soient trop tard. Je ne pense pas que ma présence ici ait été mon choix. Plutôt une nécessité, celle de descendre de la station dans l'espace sur Terre, parce que c'était une mort assurée. Sur Terre, ma mort avait plutôt été refusée de la part de mes bourreaux.

Au final, quand j'aurais voulu être libre, j'étais en chaîne et quand j'ai voulu mourir, on m'a fait vivre. C'était d'étranges choix que j'avais fait s'ils avaient réellement été fait par moi, consciemment ou non.

J'ignorais si Clarke attendait une réponse, mais je ne lui en donnais pas. C'était mes pensées, pas les siennes et ce n'était pas quelque chose que je désirais partager. Alors je me suis lancée sur une autre pensée, vers Clarke pour m'éloigner de moi. Que ce soit le résultat de mes choix ou ceux imposés par des étrangers, j'étais là et c'était maintenant ma réalité, je n'avais pas vraiment besoin d'en parler.

Sauf que la jeune femme avait son mot à dire sur le sujet et je pouvais voir sur son visage son manque de foi. C'était presque drôle, sa réaction était si semblable à la mienne. Sauf que je ne laissais pas autant d'émotion transparaître sur mon propre visage, un trait que j'avait hérité de mon père.

« Je ne serais jamais reconnaissante pour les félicitations de ces moments-là… Car il n’y a rien qui ne mérite les félicitations. »

« Tu n'as pas besoin d'être reconnaissante. » C'était vrai. Si elle n'arrivait pas ressentir de reconnaissance, elle n'avait pas à se forcer. « Simplement à le savoir. Vous étiez 100. Certains sont décédés. » Je le disais avec tout le respect qu'ils méritaient, mon père m'avait inculqué un profond des défunts. « Mais 100 jeunes, sans formation, sans connaissance, sans même savoir ce qui leur arrivait, ont pavé le chemin pour un peuple qui n'en valait probablement pas la peine à leur yeux. » Je ne me voilais pas les yeux, pourquoi ces jeunes délinquants auraient voulu aider le peuple qui les avait enfermé dans une boite pour ensuite les envoyé sans avertissement sur une Terre hostile? Peut-être encore mortelle des radiations? Ils étaient simplement fondamentalement meilleurs que les adultes qui les avait condamnés. C'était admirable. « Vous êtes des pionniers, vos actes seront admirés que vous le vouliez ou non. Je ne voudrais pas être à votre place. » Comme ils ne désiraient sûrement pas ma propre position. Avec l'admiration, venait une place de choix sur un piédestal et toujours plus d'attente et de responsabilité, j'aimais mon anonymat comparé à tout ça. C'était un joug lourd que d'être admiré.
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MessageSujet: Re: rien n'est fini [Clarke]   Dim 7 Jan - 16:43

Elles ne tomberaient pas d’accord sur tout. Clarke l’avait accepté ce fait, avec qui que ce soit. Elle avait une vision tellement particulière de la vie, qu’elle ne changerait pas. C’était ce qui lui permettait de survivre et maintenant l’horreur était trop ancrée en elle pour qu’elle ne puisse changer. Elle était comme ce funambule de Nietzche, et elle ne savait qu’avancer. Elle ne voulait pas tomber, mourir et être oubliée dans les bois. Elle avait cette force, ce feu qui brulait en elle. Tant pis si elle devait en bruler d’autres pour y arriver. C’était son choix, celui de ne pas se faire dominer par des autres. Et elle l’assumait, elle acceptait la modestie qui venait avec, ces cauchemars qui ne la poursuivaient plus, cette culpabilité qui la prenait à la gorge et qu’elle portait comme un collier. Que d’autres voyaient comme des faits dont il fallait être fière. Ah, Clarke était loin de penser mériter une médaille pour ça. Dagger le voyait d’un autre œil, et elle continuait sur sa pensée. « …ont pavé le chemin pour un peuple qui n'en valait probablement pas la peine à leurs yeux. » Il y eut un sourire sardonique qui souleva le coin des lèvres de la blonde. Elle n’allait pas remettre en question celle de la station Agro, loin de là. Ils n’en valaient pas la peine, oui, mais elle ferait toujours tout ce qui était en son pouvoir pour s’assurer qu’ils aient une chance de survie sur cette planète. C’était la leur également, malgré qu’ils n’y soient pas nés.

« Vous êtes des pionniers, vos actes seront admirés que vous le vouliez ou non. » Elle ne put retenir un petit rire de désillusion, Clarke. « Ce n’est qu’ici que nous sommes vu comme des héros. » C’était l’une des raisons pour laquelle elle évitait le plus possible Camp Jaha. Etre entourée des siens lui rappelait tout ce qu’ils lui avaient fait. La perte de son père, l’envoie sur la Terre ; cela restaient les évènements principaux, mais il y avait tous ces petites trahisons qui se succédaient et qui faisaient que Clarke ne s’identifiait plus vraiment comme un skaikru. Elle se moquait que les autres la considérait toujours comme tel. A ses yeux, elle était dans un entre deux qui la satisfaisait pleinement, car il était pour elle synonyme de liberté. « Je ne voudrais pas être à votre place. » Le sourire resta, avec cette lueur dans le fond de son regard, alors qu’elle abandonnait la figure de Dagger pour regarder vers l’obscurité, la sortie du campement, les bois qui l’attendaient, l’appelaient presque. Ca, c’était le genre de reconnaissance qu’elle acceptait. « Je ne voudrais personne pour prendre ma place. » Ce n’était pas de la possessivité, ni un besoin de reconnaissance. Elle souhaitait, simplement, que personne n’ait à prendre les mêmes décisions qu’elle avait été amenée à faire. Elle avait choisi de faire ces sacrifices et pour rien au monde elle ne l’imposerait à d’autres.

Oui, c’était ça qui vibrait en elle : la parfaite et totale recognition des atrocités qu’elle avait commises et la capacité de le refaire à nouveau, de tuer ceux qui s’étaient mis sur son chemin, d’en tuer des milliers d’autres s’il le fallait, pour arriver à ses fins, à la survie de siens. « Comme je ne voudrais pas être à ta place non plus. »

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