AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 mortalité inatteignable ▬ Luka

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Mon avatar c'est :
Colin Farrell
Bravoure :
386
avatar
Arc
Arc
MessageSujet: mortalité inatteignable ▬ Luka    Ven 16 Sep - 11:25

Il avait oublié ce que ça faisait, de ne pas avoir mal. Il avait oublié, ce que c’était la vie, sans souffrance. Il aurait pu s’en souvenir, oui, mais tout était lointain, et la souffrance l’accompagnait dans ses réminiscence vaporeuses. Il était cet ensemble de douleur, de mal, d’un mélange grisâtre qui assourdissait ses nerfs, qui parfois l’empêchait de dormir, qui parfois l’empêchait de s’éveiller. Il y avait mille formes se souffrance et il était persuadé qu’il n’en avait pas découvert la moitié. Ils auraient dû être tués, et parfois, Pollux comprenait ceux qui se suicidaient, ceux qui se mordaient la langue jusqu’à la couper de leurs dents et s’étouffer dans leur sang. Qu’étaient-ils, à part des personnalités écorchées, qui baignaient dans le sang et dans la pisse ? Il s’appelait Jeth, il avait 42 ans, il avait un fils mort et un fils vivant. La mère de Johan s’appelait Sheila. La mère de Shane s’appelait Rachel. Et il n’avait jamais été autant soulagé que son fils soit mort, soulagé que l’autre soit dans une autre station. Il ne l’aurait pas supporté. Il aurait été capable de le tuer de ses propres mains pour lui éviter ce traitement. Mais Shane était loin, et Shane était la raison qui le gardait hors de la folie, hors du suicide.

Enfin, la folie, il l’avait atteinte. Il la sentait, fluorescente qui engorgeait son cerveau, jusqu’à ce qu’il ne voit plus rien et qu’il se jette sur ce qu’il y avait en face de lui, ce qui tentait de faire du mal, aux siens, à lui. Aux siens surtout. Il était un morceau écorché à vif, qui reposait sur le sol, appuyé contre le dos suant d’un des leurs. C’était calme, dans leur geôle, entre les respirations coupées des prisonniers, les rares sanglots qui existaient encore, les quelques plaintes presque silencieuses, le gargouillement des estomacs mal nourris. Pollux se réveilla, marmonnant la formule de synthèse de l’eau de javel. Ca le gardait sur terre, plus ou moins. Parfois, il avait pas pied, il flottait et tout perdait son sens. Là, ça allait, un minimum lucide dans la pénombre usuelle de la grotte. Il tenta de se redresser, feula à peine quand ses côtes le démangèrent. Il se posa sur son cul, évitant de gratter la parcelle de peau qui lui manquait. Ca ne s’était pas infecté et il s’estima heureux, presque chanceux.

Les grilles s’ouvrirent avec leur grincement habituel et il leva les yeux vers la source de lumière qui lui brula les yeux. Il protégea sa vue, assez pour voir le corps de Vargenson être amené, titubante, mais elle semblait avoir tous ses orteils, c’était déjà une bonne chose. Difficilement, il se releva, et la rattrapa avant qu’elle ne soit jetée sur le sol, fermant sa main sur son bras et la tirant pour éviter qu’elle ne tombe. Il jeta un coup d’œil au tortionnaire, fit mine d’avancer, pour qu’il recule. Depuis qu’il avait tué l’autre homme (il ne savait pas à quand ça remontait) ils lui foutaient la paix, quand ils étaient seuls. De l’avantage d’être devenu un monstre ? Il ne saurait le dire. Il aida Vargenson a avancé, puis à s’asseoir à même le sol. « Eau. » Je vais chercher de l’eau. L’infirmier qui avait été avec eux avait réussi à leur faire rentrer dans le crane qu’il fallait au moins nettoyer les plaies quand ils revenaient. Et ce n’était pas ce qui manquait ici. Il ramassa l’un des tissus qui s’empilait, celui qui puait le moins, avant de revenir. Il fit un geste à la jeune femme de lui montrer où elle était blessée, pour qu’il l’aide.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mon avatar c'est :
Natalie Imbruglia
Bravoure :
1355
avatar
Arc
Arc
MessageSujet: Re: mortalité inatteignable ▬ Luka    Ven 16 Sep - 12:46

Contrairement à ceux qui avaient cédés de suite, racontant n’importe quoi pour essayer d’echapper aux mauvais traitement, Luka ne s’était pas mise à parler. Ça ne servait à rien. Ils ne voulaient rien savoir de toute façon, et ça n’intéressait personne de savoir qu’elle avait des parents, qu’elle était professeur de civilisations, et qu’elle aimait fuir les conversations désagréables. Non, ça ne servait à rien. Leurs geôliers s’en fichaient de ça. Ils voulaient savoir si ils étaient armés, ils voulaient savoir jusqu'à combien de douleurs ils pouvaient résister, ils voulaient savoir si ils étaient humains peut être comme eux. Et peut être qu’ils n’étaient pas humains eux, ceux qui les retenaient ici, elle ne le savait pas. Elle avait perdu foi en l’humanité si vite. Ou peut être qu’elle n’avait jamais vraiment cru en l’humanité à la base. Soit. Luka n’était pas de ceux qui refusaient d’aller faire un tour avec leurs ravisseurs, leurs bourreaux. Quand il le fallait, elle se levait, et docilement elle les suivait. Mais quand ils essayaient de prendre quelqu’un d’autre, elle montrait les dents. C’était ce stupide coté héroïque, d’une femme dont le physique n’avait pourtant pas grand chose de sportif. C’était stupide oui. Vraiment stupide. Mais c’était comme ça. et c’était peut être son absence de peur. Son absence de gout à la vie, qui la poussait à toujours continuer.

Le bruit des grilles lui heurta la tête, Elle ferma les yeux, et laissa le garde la propulser sur le sol froid et humide. Elle était un pantin que l’on lançait, elle n’en avait cure. Ca avait été assez peu douloureux aujourd’hui, ou peut être commençait elle à ne plus ressentir la douleur. Peut être avait elle perdu l’esprit ? Mais ça avait étrange. Ils avaient maintenu son bras, tandis qu’ils y gravaient des symboles étranges. C’était assez particulier quand elle y repensait, et elle n’en connaissait pas la signification. Elle supposait aussi qu’elle ne la connaitrait jamais. Mais elle était marqué maintenant, et le X superposé au losange lui donnait la nausée. Ca avait fait mal bien sur. Elle avait toujours eu peur des aiguilles, et la soigner sur l’Arche avait toujours été une plaie pour les médecins. Alors elle avait essayé de mordre le grounder qui lui faisait le tatouage, et il avait enfoncé un truc dans son épaule. En un mot comme en cent, elle était tatouée, et elle saignait.

Quelqu’un l’attrapa. Charles ? Pollux ? Les bras étaient blancs sales, et pas de la couleur ébènes de ceux de son collègue. Pollux. La voix forte résonna. L’eau fut demandé, et Luka plongea ses yeux gris dans ceux de son allié. « Ça va. » C’était pour rassurer le peuple peut être un peu. Ils ne pouvaient pas se permettre de montrer qu’ils souffraient. C’était ce qu’elle se disait du moins. Il y’avait encore des femmes, il y’avait encore des jeunes. Elle montra son poignet d’un mouvement, et son épaule de l’autre.

_________________

— BOULE D'INCERTITUDE —
je veux mon hiver, m'endormir loin de tes chimeres. je sais bien que je mens je sais bien que j'ai froid dedans —#000000
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mon avatar c'est :
Colin Farrell
Bravoure :
386
avatar
Arc
Arc
MessageSujet: Re: mortalité inatteignable ▬ Luka    Lun 14 Nov - 8:36

Ils étaient tous devenus si frêles, tellement. Des sachets d’os qui continuaient de se tenir debout, alors que sous la peau fripée, tout se sentait. Les tendons, les veines, les muscles. C’était la seule preuve qu’ils étaient humains, ou de simples morceaux de viandes que ces types prenaient plaisirs à charcuter un peu plus chaque jour. Pollux ne faisait plus la différence, il n’y arrivait plus. Il était, morceau de souffrance qui existait encore. C’était tout et il se demandait si sa mort était déjà programmé, planifiée par une instance supérieur qui serait un jour lassée de son sort – il espérait que ce jour arrive, et que ce jour n’arrive jamais. Peut-être étaient-ils déjà mort et que ce n’était qu’un purgatoire ?  Ah, il avait jamais été bon en littérature, ça parlait pas assez pour lui. Mais à être ici pour le reste de son existence, ça rendait tout le monde un minimum philosophique, s’ils ont la force de penser.

Pollux, il le faisait pas trop, puis là, il avait Vargenson dans ses bras, puis posée sur le sol. L’eau fut récupérée et de sa démarche claudicante, il revint vers celle qui avait été torturée. « Ça va. » Il y eut un bruit pour toute réponse, parce que parler faisait mal et que, il n’avait pas besoin de plus, Pollux. Il était devenu un monstre, et parfois il se sentait de pierre, comme ces roches qui l’entouraient, les gardaient prisonniers. Ce fut donc une sorte de soupir moqueur, grognement qui ne croyait pas en ces deux pauvres mots. Tu parles, arrêtes de faire semblant. Ce genre d’expression, Pollux n’y croyait plus depuis ses premières heures ici. Rien n’allait, rien n’était qu’un bref élément qu’on pouvait oublier avec un peu de bonne volonté. Surtout que le bras fut tendu et qu’il chercha dans la pénombre les traces de blessures fraiches. Il passa ses doigts dessus, parce qu’il voyait terriblement mal et la sensation était étrange, différente que d’habitude. Myope, il colla presque son nez sur le tatouage et puis, il releva son visage vers Vargenson, l’interrogeant silencieusement. C’est quoi ? Comme si elle avait une réponse pour lui. Bien qu’il en doutait. Leurs geôliers étaient sacrements doués pour ne pas divulguer leurs intentions. Mais ce flou était bien ce qu’il y avait de plus supportable ici. Etre torturé sans raison, c’était devenu leur lot quotidien, dans ce qui ressemblait à une longue journée qui ne terminait jamais. Mais le temps passait, il le sentait dans ses vieux os, le Jeth. Puis sa barbe poussait, ses cheveux aussi, la crasse restait, les blessures se refermaient, s’ouvraient à nouveau.

Ils (sur)vivaient, loin du regard du monde. Et il commença à nettoyer la nouvelle marque de Vargenson en silence, se souciant peu s’il lui faisait mal. Ca serait vite fait, puis elle pourrait se reposer dans le coin qu’elle préférait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mon avatar c'est :
Natalie Imbruglia
Bravoure :
1355
avatar
Arc
Arc
MessageSujet: Re: mortalité inatteignable ▬ Luka    Lun 14 Nov - 18:48

Elle avait mal, bien sur qu'elle avait mal, et elle ne s'était pas laissée faire come une faible femme, alors elle avait mal ailleurs peut être aussi. Mais c'était ainsi, et elle était malheureusement toujours en vie, elle était malheureusement toujours la. Et c'était Pollux qui l'avait rattrapé cette fois. Il faisait ça de plus en plus, il souffrait moins, il subissait autant qu'elle, et il devenait un peu fou, comme ils le devenaient tous. Elle ne resta pas longtemps dans les bras qui jadis furent peut être musclés, parce qu'elle n'aimait pas les contacts humains, parce qu'elle ne supportait pas qu'on la touche. Et elle essaya de ne pas se prostrer. C'était une nouvelle torture aussi, que de la forcer à devoir se reposer sur les autres, une qu'elle n'était pas sure de pouvoir supporter. Pollux revint, claudiquant, et si elle persistait à se renfermer dans un ça va, son air moqueur, sceptique la laissa de marbre. Moins que l'incursion dans son regard au vue du tatouage. « J'sais pas c'que c'est. Une marque antique. Je l'ai déjà vu mais… » Et elle se perdait ouais. Ça lui fit hausser les épaules. Tandis qu'elle grimaçait à la douleur que ce simple mouvement lui apportait. Il n'avait pas loupé son épaule l'autre connard

Et maintenant c'était Pollux qui était en train de ne pas louper son poignet. Il s'y prenait clairement comme un manche, et elle grogna un peu. « Ça se voit que t'étais pas médecin. » Et c'était plus fort qu'elle un peu Luka, d'être parfois désagréable. Et elle ne nierait pas peut être qu'elle aurait preferé que quelqu'un d'autre s'occupe d'elle, mais elle essaya de ne pas poser son regard sur la marée humaine faite d'os et de chair, cette même marée qui puait la peur et l'angoisse. Ce fut rapide, ou peut être qu'elle déagea son poignet trop tot, et si elle craignait une hypothétique infection, elle en parlerait plus tard. Elle verrait. Elle déglutit néanmoins un peu, et fixa quelques instants Pollux. « Merci. » Parce que même si il lui avait fait mal, il l'avait fait par bonne volonté. Et finalement, elle se reprit un peu, montrant son épaule qui s'était prit un coup, qui s'était prit un trou. « Tu peux voir ça aussi ? » Parce qu'un peu d'eau sur une plaie c'était toujours mieux que rien. Un peu.

_________________

— BOULE D'INCERTITUDE —
je veux mon hiver, m'endormir loin de tes chimeres. je sais bien que je mens je sais bien que j'ai froid dedans —#000000
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: mortalité inatteignable ▬ Luka    

Revenir en haut Aller en bas
 
mortalité inatteignable ▬ Luka
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La mortalité
» Passage Niveau 2 [Ange H. Rejes dit Hannelore L. Schmitt & Luka Era Grey]
» Luka Azarov [petit russe perdu en Ecosse]
» -- délai accordé -- My name is Luka...
» Tournoi des V1: Ama d'Amphitrite (Luka) // Christophe du Lynx (xxx)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Red Sands :: ZONE RP  :: L'Est :: Shiedgedakru :: Les Grottes-
Sauter vers: