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 bear the pain, share the pain ▬ Salem

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MessageSujet: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Jeu 26 Mai - 22:58

C’était une colonne grise qui étiolait le ciel, comme une déchirure qui naissait sur la ligne d’horizon. Kandar sut, comprit. Que le mal se produisait dans cette direction où elle se rendait. Cela faisait presque un mois, maintenant, qu’elle avait été libérée du joug de la montagne. Qu’elle avait pu s’approprier sa liberté, battre la maladie encore plus incrustée dans ses os faibles. Elle déjà maigre, avait les os encore plus saillants et il y avait sans cesse ce sentiment de malaise, comme si, parfois, elle était encore là-bas, enfermée dans cette cage trop petite. Le pire était au réveil, quand le froid du traitement la poursuivait hors de ses rêves et qu’elle revoyait son emprisonnement. Ca ne durait pas, mais cela laissait le temps à son cœur de battre douloureusement dans sa poitrine et la crainte de monter. Cela s’appelait un traumatisme. Kandar, elle, elle appelait ça l’histoire gravée dans son corps. Une histoire qui ne s’arrêterait jamais. Elle avait laissé une partie de son âme là-bas. Ça se voyait dans ses yeux.

Aujourd’hui, elle perdrait un autre morceau.

Les attaques de l’ouest étaient un sujet qui atteignait Kandar, particulièrement. Là, ces terres qu’elle était occupée à rejoindre depuis qu’elle avait quitté Polis en toute hâte, accompagnée de Baal, se trouvait sa maison, se trouvait sa famille. C’était son point de chute, après la capitale du Trigedakru. Ces terres qu’elle n’avait pas revues depuis presque deux ans. Ces terres exsangues et brulées au-delà des cendres. Ces plaines qu’elle avait adorée découvrir et qu’elle connaissait sans mal, au point qu’elle aurait pu chevaucher les yeux fermés. Ces plaines qui ne seraient bientôt plus que charbon, si les barbares réussissaient leurs avancées.

Elle s’était séparée de Baal à Awathon. Lui devait mettre en place les décisions prises lors du conseil, et son avis était important, puisque Premier Dresseur. Elle, elle avait continué vers l’ouest, dépassant Kalawen depuis une dizaine d’heures maintenant. Elle devait retrouvée la caravane à laquelle elle appartenait, pour les sommer de se retrancher derrière Kalawen, au moins. Elle pensait avoir le temps. Soudain, Kandar avait ce sentiment de l’erreur, alors qu’elle talonnait le flanc de sa monture, pour accélère. Il n’y avait aucune indication que, ce qui brulait au loin, était sa famille. Mais il y avait cette peur qui s’était logée sous les ongles de la conteuse, et qui remontait, remontait dans ses os, sous sa peau.

Bientôt, elle arriva à portée de son, de ces cris portés par le vent. Il fallut moins d’une minute pour que des tentes, elle puisse y voir les intrications tissées, puis les corps sans vies qui jonchaient le sol. Il y avait des femmes, des hommes, des enfants. La famille de Baal… Sa famille. Une fois qu’elle fut descendue de sa monture, elle retint un cri, alors que les larmes, déjà, coulaient de ses yeux. Et il y eut un mouvement, qu’elle vit, qu’elle n’enregistra pas, d’un barbare armé qui s’approcha.
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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Sam 28 Mai - 8:59

Petit à petit ils avançaient vers l’Est promis, et Salem ne perdait pas de vue l’idée d’attaquer Polis un jour, et d’y installer Lucifer. Elle voulait le faire. Elle pourrait le faire. Ce garçon au sang noir pourrait devenir commandeur, et qu’importe les prétendus barbares qui marchaient avec eux, qu’importe la guerre à la quelle elle participait néanmoins, ce qui comptait pour elle était la voix des dieux, qui traçait la voie de la simple femme qu’elle était. Alors oui, bien entendu, Salem continuait de suivre la route qu’empruntaient Tamakk et les autres, elle ne nierait pas qu’elle s’amusait au passage. Il y’avait eu des bébés, dont le ventre déchiré avait orné leur chemin, il y’avait eu des femmes, des chiens et des paysans, qui n’avaient pas fait long feu sous leurs coups. Et Lucifer s’amusait. Lucifer s’amusait aussi. Les dieux étaient heureux des sacrifices qu’ils recevaient. Les dieux profitaient de ce qui leur était donné, et quand le sang jonchait la terre fertile elle pouvait les entendre hurler de joie. Ou bien n’était-ce pas les dieux ? Peut être était-ce ses camarades qui se réjouissait. Les dieux parlaient. Elle obéissait. Rien d’autre ne comptait. Et si elle passait ses nuits à regarder les étoiles pour chercher des guides, le jour elle était mortelle, cruelle et sans pitié.

Aujourd’hui, ils avaient trouvés et comme un coup de tonnerre ils avaient frappés bruyamment. Leurs attaques n’étaient pas organisées, elles étaient brouillonnes, ils étaient des brouillons de vie et elle était probablement le pire. Elle sourit, dans le sang et la terre, alors qu’elle se relevait pour donner un coup à ce paysan gaillard qui l’avait mit au sol, et d’un regard elle pu juger qu’ils étaient en train de gagner. Le feu se répandait dans les tentes, et les quelques humains qui les habitaient étaient dehors maintenant. Certains étaient morts, d’autres agonisants. Elle n’aurait su juger de tout, elle n’aurait su tout dire. Les dieux étaient contents, et déjà dans les proies elle cherchait un sacrifice. Lucifer lui, avait trouvé un enfant, dont il croquait la jambe, tandis que l’autre Lucifer la suivait attentif.

Il y’eut un mouvement, quelqu’un approchait, deux hommes sales à coté d’elle se tapirent dans l’ombre, elle fit de même et regarda la femme descendre de sa monture, les yeux noirs plein de larme. Elle la reconnaissait. Comment n’aurait elle pas pu la reconnaître. Et si elle aurait esperé ne jamais plus croiser la conteuse. Pas maintenant. Jamais, son cœur lui, se serra, si elle en avait un. Déjà. Un homme se précipitait vers elle pour lui donner un coup de hache, et Salem siffla, Lucifer se précipita pour faire tomber l’homme, et elle, elle se rapprocha. « Les dieux la veulent. » C’était dit, elle n’avait pas hésité et son parlé erratique, sa démarche hagarde, elle se rapprocha faisant signe a un autre des hommes armés d’attraper la femme et de l’attacher pour elle. « Ne te débats pas. Ça n’en fera que plus mal. » Il n’y’avait pas dans son regard la douce chaleur qu’elles avaient pu partager. Ses yeux comme toujours brulaient d’une absence, d’une folie certaine, mais certainement pas de tendresse. Et pourtant. Pourtant, oui, si elle ne se débâtait pas la conteuse serait amenée à l’écart avec les autres futurs sacrifices, et Salem pourrait lui parler. Elle avait hate aussi, la ritualiste, d’aller voir, ce qui avait été choisi par les autres, ce que l’autre sacrificateur avait prit comme offrande. Elle, elle avait trouvé plus tot, un enfant de 10 ans. Les dieux avaient brillés de le voir. Ils la pardonneraient du mensonge qu’elle venait de dire alors. Peut être.

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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Sam 28 Mai - 16:39

Kandar tremblait tellement qu’au final, elle ne bougeait pas, donnait cette impression d’immuabilité dans le temps. Celui-ci n’avait jamais été clément, se pressait contre elle, alors qu’elle ne regardait même pas le barbares qui s’approchait – mais que sa main s’était déjà logée dans ses vêtements. Non, son regard de cendre était tombé sur la figure ensanglantée de la sœur de Baal et sa mâchoire se serra si fort. Si elle entendit un sifflement, ce ne fut que quand l’homme s’écroula au sol, écrasé par une bête imposante, qu’elle récupéra ses esprits. Kandar reconnaissant l’animal. Lucifer. Chat des enfers (elle y avait définitivement posé les pieds). Elle n’en avait vu qu’un et s’il n’y eut qu’un peu de surprise dans l’être dans la conteuse, le regard qu’elle posa sur la sorcière, lui aussi, n’avait rien de semblable avec la nuit qui avait été, sous les étoiles, dans un temps oublié. « Sacrifice. » Elle fronça les sourcils, devinant ce qu’il adviendrait d’elle, dans les morceaux de la langue de l’ouest engourdi. Mais ce fut comme un déclencheur et elle marqua un pas en arrière, quand un de ces faux-guerriers s’approcha d’elle.

Il tendit la main pour l’attraper, elle agit plus vite. C’était habituel, de la juger faible, grâce à sa carrure si frêle. De sa main logée dans ses habits, elle sortit une dague, qui si elle ne payait pas de mine, lui avait permis de graver trois encoches à côté de sa hanche. Elle attaque pour en obtenir une quatrième. La lame trancha, mais ce fut tout juste le bras du barbare qui fut entaillé, alors que le sang vola brièvement. Elle en fut tachée, puis elle reçut un coup dans les côtes qui l’envoya au sol. « Ne te débats pas. Ça n’en fera que plus mal. » L’attention de Kandar, silencieuse et noire, retomba sur la ritualiste. Elle détailla cette femme, qu’elle avait trouvé si attirante, dans un temps passé (qu’elle aurait trouvé si attirante, si sa famille ne reposait pas morte tout autour d’elle). « Tu penses que je crains la douleur ? » L’ouest reprit et elle sentit sous goût dans sa bouche, alors que le barbare qui l’avait frappé esquissa une mimique surprise de reconnaitre sa langue dans une femme qui venait de l’est. Kandar se redressa difficilement, mais elle se redressa, tout en crachant la bile qui était remontée, aux pieds de ceux qui avaient tout juste massacré les siens. A qui était ce rouge, qui parait ces barbares ?

Soit, Kandar obtempéra, amenée de manière un peu brutale par celui qu’elle avait blessé. Si elle n’était pas venue depuis presque deux années sur ces terres, l’agencement des tentes était familier et elle retint ses larmes, alors qu’elle passa devant celle qui habitait Baal et ses enfants. Elle ne voyait pas sa petite, Kandar ne la cherchait pas : elle la savait morte. Il y avait si peu de chevaux aux alentours. Ceux-ci avaient dû fuir, d’une manière ou d’une autre et elle regrettait que les éleveurs n’eurent pas la même chance. Finalement, elle fut amenée dans un endroit un peu reculé – qui n’empêchait pas d’admirer la vue de leurs caravanes détruits, de ce feu qui emplissait l’air, des cendres qui volaient et recouvraient les traces. « Enrï ! » Le nom lui échappa, alors qu’elle trouvait son neveu (par alliance) toujours en vie. Lui aussi, probablement, servirait de sacrifice… L’enfant était attaché et quand le barbare blessé voulu lui faire subir le même sort, elle gronda, de cet ouest qui savait se faire menaçant. « Où pourrais-je aller ? Le sang de mien est ici. » Et si cela suffit à le dissuader, pour autant, il resta à proximité, son arme bien visible, en une menace silencieuse.
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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 9:33

C’était un orage violent qui s’agitait en Salem. Un orage tel que ces terres n’avaient vu depuis longtemps. C’était à l’interieur, comme un dieu déchirant qui voulait sortir de sa poitrine. C’était les dieux, qui voulaient la femme, mais qui ne la voulaient pas comme ça. C’était elle aussi. Qui voulait cette femme dont elle avait touché sa peau. Elle ne savait pas. Comment aurait elle pu savoir qu’elle aurait été la ? Et bien entendu, bien sur elle ne l’avait pas oublié. Comment aurait elle pu l’oublier, quand des années plus tard elle avait encore les souvenirs de cette nuit, un havre de « douceur » ou plutôt d’exotisme au milieu de ses démons. Kandar la conteuse avait été une étoile qui avait guidé ses pas. Mais il y’avait les dieux, et les dieux bien souvent étaient implacables. Elle avait fait ce qu’elle avait à faire. Elle avait tracé sa route, suivie des Lucifer, jusqu'à ce que finalement elle arrive sur le chemin qui mettrait Lucifer au milieu des élus. Il avait tout pour ça, pour être elu des dieux, pour être élu des hommes, et par son simple sang il pouvait prétendre à ce qu’il pourrait être. La domination. Une ére de violence. Elle savait qu’il ne serait pas forcement juste. Elle avait crée un monstre. Mais elle savait qu’il serait la où les dieux le voulaient. Et pour leur nouvel ordre. Pour leurs sombres desseins. Elle s’était executé.

Elle était la désormais, rappelée à la vie, rappelée au moment, par la voix de cette femme qui parlait leur langue. Par cette femme qui se dressait contre la fatalité. Qui se débâtait, défendait.  Elle n’agissait pas bien Salem, mais la nommer sacrifice était son moyen torve de la protéger. Elle n’avait que ça. Et si elle ne voulait pas la voir mourir. Et si elle ne voulait pas qu’un autre ne la touche, elle ne savait pas forcément comment elle devait réagir. Tant les dieux s’ouvraient à elle que les affaires des hommes étaient bien trop obscures.  

L’un des barbares l’amena jusqu'à l’enfant. 10 ans. Il semblait avoir 10 ans à peine, et les dieux désiraient ses boucles, le petit gras du bourrelet enfantin, ses joues de chérubin au sortir de l’enfance. Les dieux le voulaient, et les hommes… les hommes le mangeraient quand son sang recouvrirait le sol qu’ils voulaient bennir. Il était attaché. Il ne partirait pas. Salem se rapprocha et regarda les deux sacrifices. Cette femme, si maigre, qui avait dont les yeux racontaient des histoires différentes que Salem ne savait pas lire sans aide. Cette femme, abattue presque. La barbare vociféra quelque chose à son compagnon. « Pars. Je m’en occupe. »  Il grogna. Elle montra ses armes, désigna Lucifer. Elle avait fait ses preuves plus que de raisons. Il était content de partir, elle resta seule avec les futurs sacrifiés, et elle se rapprocha. «  Pourquoi es tu venu ? »  Ce n’était pas une guerrière. Pourquoi venir vers une bataille quand elle aurait pu guider son cheval vers la fuite. Salem voulait savoir. C’était une manière un peu finalement de gagner du temps.

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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 10:03

Kandar s’approcha de l’enfant, s’assurant qu’il n’avait rien pour le moment. Elle le prit dans ses bras. Ce fut tout. Elle ne demandait pas comment il allait, car elle le savait. Elle le devinait, qu’il devait avoir cette même rage, ce même désespoir qui se mêlait à son sang et à sa bile. La conteuse en avait souvent été témoin, mais jamais elle n’en avait été le réceptacle, de tant de rancune, tant de tristesse. C’était un deuil différent de celui de sa mère. Celui-ci était beaucoup plus ancré dans le tréfonds de son être et peut-être pleurerait-elle toute sa vie la disparition de sa famille. Stedaunon don gon we en kikon ste enti. Et que ces vivants étaient affamés, prêts à dévorer ceux qui reposaient morts. Ce n’était pas un cycle naturel, pour le trigedakru. Ça lui échappait. Ca la désolait, de savoir ceux qu’elle avait aimé, ceux qui l’avait accueillis être sur le point de se faire manger, leurs substances phagocytées par ces barbares.

Elle en avait envie de pleurer, Kandar. Elle ne le fit plus. Car l’enfant qu’elle avait dans ses bras ne se réduisait pas à ça et que, proche de la mort, Enrï resterait fort. La conteuse en ferait pareil. Elle préférait mourir ici, que dans les cages de cette montagne. Et l’oiseau de malheur tournerait autour de leurs cadavres, alors qu’elle s’approchait, Salem. Kandar la suivit, de son regard noir et rougit par les larmes qui avaient coulé. Et dans un jeu similaire d’une nuit oubliée sous les étoiles, la sorcière s’approchait. Peut-être ne pouvait-elle faire que ça. Il n’y avait pas de hasard dans ce monde. « Pourquoi es-tu venu ? » Enrï s’était reculé et Kandar se redressa, se tint droite, bien qu’elle était toujours assise sur le sol recouvert de ce givre d’hiver. « Ma famille est ici. » Sa fille, qu’elle n’avait vu que l’espace de quelques mois. A quoi ressemblait-elle maintenant ? Serait-elle encore en vie, si Kandar l’avait amenée dès le début ? Non. C’était contraire aux traditions des conteurs. Sa mère avait-elle perdu d’autres enfants, avant d’emporter Kandar sur les routes ? Oui, c’était contraire aux coutumes. L’enfant devait connaitre la force des racines, avant d’en être arraché.

La mort, finalement, n’était qu’une tradition de plus. Une finalité. Car un combat prenait toujours fin. Celui de Kandar n’était pas terminé, alors que l’ouest reprenait ses droits sur sa langue et que les tremblements s’arrêtèrent à la surface de sa peau. Tout fut dans le regard, cette désolation profonde. « Au quel des tiens devrais-je demander quel goût avait ma fille ? » Un jeune enfant n’avait-il pas la chair tendre et délicate ? Derrière elle, elle sentait le regard inquisiteur de Enrï, d’assister à l’échange entre l’est et l’ouest, cette considération profonde de deviner le côté revêche de Kandar qui, autrefois, n’était que douceur. C’était autre fois. Alors, Kandar inspira, ses doigts grattant le contour de son genou, elle qui était habillée de ces vêtements d’hiver, qui ne la protégeraient jamais du froid qui soufflait sur son âme. « Quand serons-nous offerts à tes dieux ? » Et elle ne lâchait pas la sorcière du regard, elle ne lui donnerait pas ce privilège. Elle ne craignait pas Salem. Le pire était arrivé.
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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 10:14

« Ma famille est ici. » Et si Salem ne connaissait pas spécialement le concept de famille, elle savait qu’il y’avait des gens dont la mort la blessait. Il y’avait eu cette femme, dont des années plus tard elle ne savait toujours pas encore prononcer le nom, cette femme qui l’avait élevée, éduquée à la vie et lui avait montrée les chemins des dieux et ce qu’ils voulaient dire. Puis il y’avait Lucifer, et Lucifer encore. Ils n’étaient pas son sang, ils n’étaient pas sa chair, et ils n’étaient meme pas sa race dans des entendements différents l’un et l’autre, mais ils étaient à elle, autant qu’une famille de choix ait pu l’être. Alors elle comprenait. Elle ne comprenait pas tout. Elle tentait de comprendre. Elle fronça les sourcils, et hocha la tête en silence. Qu’aurait elle pu répondre ? Qu’aurait elle pu dire. Et peut être qu’elle était désolée pour cette étoile attirante qui avait tout perdu. Peut être qu’elle ressentait la brulure du ciel, au fond même de son ame. C’était ainsi. Ce qui était fait, était fait.

Les tremblements de Kandar cessèrent. Salem se demanda si c’etait le froid ou autre chose. Elle ne comprenait pas encore bien l’humain. Elle ne le comprendrait jamais. Peut être que sa route s’arreterait avant ça. « Au quel des tiens devrais-je demander que goût avait ma fille ? » Il y’eut un moment, l’incertitude dans les yeux de Salem, elle ne se rappelait pas d’une enfant très jeune, il y’avait eu ce gamin à leur coté, elle ne savait pas plus. Le silence resta encore, et Salem se laissa tomber sur le sol à la hauteur de Kandar, pour la fixer de plus près. Pour regarder cette femme qui en quelques années était devenu cruellement différente. Amère. Reveche. Brisée. La brisure, c’était quelque chose que Salem comprenait. Elle ne poserait pas de questions. Parce qu’elle ne savait pas les poser. Parce que ce n’était pas le moment.

« Quand serons nous offerts à tes dieux ? » Elle fronça les sourcils. Elle reflechit. Elle pouvait mentir. Elle pouvait faire durer l’attente du sacrifice aussi longtemps qu’elle le voulait. Elle secoua la tête. « Qu’est il pour toi ce garçon ? » C’était sa seule question. Et il y’en avait d’autres qui brulaient sa langue, qui ne sortiraient pas. Pas maintenant. Pas de suite. Qui ne sortiraient peut être jamais finalement. Mais Salem avait besoin de savoir. Les dieux lui indiquaient des choses contraires à son esprit, et c’était une des premières fois où elle était perdue.

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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 12:56

Le feu était différent. Il n’avait plus rien de Prométhéen chez Kandar. Il était devenu avilissant, car elle avait été souillée par l’homme, souillée par la montagne, à l’image de celle où le géant était accroché pour se faire dévorer le foie, encore et encore. Elle n’avait plus cette ferveur de l’histoire, car elle était encore une plaie béante, plaie ouverte qui tentait de se reconstruire de sa captivité. C’était sans compter sur le carnage qui avait eu lieu, qui était encore frais dans l’air et pesant. Oui, le feu était là, tout autour, qui dévorait le tissu des tentes, dévorerait les corps. Il était là, dans le fond des prunelles de Kandar, noir, fixé sur cette Fille Folle, accompagnée de compagnons d’armes tout aussi fous. Il était vicié, il était corrompu, il était désolation. Et Salem la sorcière continuait de l’observer, en créature toujours aussi curieuse, observant d’autres bêtes curieuses. Kandar ne cillait pas, sous ces pupilles dilatées. Elle savait ce qu’était la sacrificatrice, elle n’en attendait pas moins. Elle était prête à mourir.

Pas sans honneur. Les larmes ne ramèneraient pas les morts : ils étaient partis. Ils étaient dans un monde sans mal, un monde sans peine. Les démons, étaient ici. Kandar en avait un en face d’elle. « Qu’est il pour toi ce garçon ? » Elle tourna la tête vers son neveu, avant de reposer son regard sur celle qui s’était assise au même niveau qu’elle. Si elle avait été dans un bon jour, peut-être aurait-elle souri, Kandar. Salem, à la suivre encore, bien que leur unique rencontre remontait à presque deux années. « C’est le fils de la sœur de mon compagnon. » Il y avait des nuances qu’elle ne pouvait pas apporter. L’ouest restait une langue éloignée pour elle, elle ignorait le terme exacte pour ‘neveu’, mais l’idée était là. « Il est seul, maintenant. » Kandar aurait toujours un lieu pour se rendre. Enrï, lui, n’avait connu que sa famille, que ces plaines. Il avait perdu les siens ce jour.

Elle détourna son attention, Kandar, cherchant le soleil qui était bas dans le ciel, tandis que sa main continuait d’arpenter les rondeurs de son articulation. « Tu n’as pas répondu à ma question. » Et la rancune n’était plus là, la rancœur oubliée un instant, alors que quelque chose de mutin s’exprima sur son visage. Avant que tout ne reprenne ces traits déformés que le deuil impliquait et qu’elle retrouvait Salem devant elle. « Ne veux-tu pas nous offrir aux dieux ? » Il y avait une réprimande, dans ce regard strict qu’elle adressait à celle qui était en communion avec des forces qui dépassaient l’entendement.
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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 15:53

Salem cherchait des mots qui ne venaient pas vraiment. Elle cherchait le feu en elle, et il brulait différemment de la dernière fois. Il y’avait des choses, qui passaient, des dagues, des flammèches, des torches, tout était dans son corps, qui portait encore les plaies de ses derniers combats. Elle s’était fait blesser. Son sang avait coulé, et elle avait léché à son bras sa plaies avant de la soigner. Mais elle n’avait plus mal non. La douleur était ailleurs. Elle fixait Kandar, la conteuse, cette femme brulante qu’elle aurait voulu posséder à jamais. Elle voulait savoir. « C’est le fils de la sœur de mon compagnon » Elle fronça les sourcils. Un plus un faisait deux, elle hocha la tête. « Ton compagnon était la ? » La curiosité ? Elle savait la conteuse appartenant à d’autres, elle n’avait été qu’une parmi d’autres visages, elle n’en doutait pas. L’inverse était vrai et faux à la fois. La conteuse avait été une parmi maintes aventures, mais la conteuse avait brulé Salem plus que quiconque ne l’avait jamais brulé. Il y’avait quelque chose. Ça ne changerait rien. « Il est seul maintenant. » Elle secoua la tête, releva les mains vers le ciel. « Il ne le restera pas. » C’était une menace, sans en être vraiment une. C’était la vérité. Il rejoindrait les dieux, sa famille, les gens de l’autre coté. Elle connaissait l’enfer Salem, elle savait comment ça marchait, elle n’était que le passeur de ces ames en detresse. « Il les rejoindra. » C’était clair.

Ce qui était moins clair c’était ce qu’elle ferait de Kandar. Celle qu’elle avait prétendu sacrifice sans que les dieux la veulent. « Tu n’as pas répondu à ma question. » Elle insistait. Mais elle était presque joueuse. Et puis elle ne le fut plus, et Salem regretta le regard plus léger quand l’amertume, le regard strict se posèrent sur elle. « Ne veux tu pas nous offrir aux dieux ? » Elle baissa les bras un peu, l’air perdu, l’air plus jeune que tout ce qu’elle avait été par le passé. « Tu n’es pas le sacrifice. » Elle avait l’air hagarde pendant qu’elle regardait autour d’elle. Elle ne savait pas comment expliquer qu’elle avait usé de ce droit, de ce pouvoir qu’elle avait de choisir qui vivait et qui mourait, pour que la conteuse vive. « Je pourrais te faire partir. Tu ne voudrais pas le faire. » Elle plissa les yeux. Perdue. Plus qu’elle ne l’avait jamais été. Elle mentait au nom des dieux. Et c’était insensé pour elle. C’était fou. Elle se perdait à l’interieur d’elle même.

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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 16:19

Leur rencontre était tellement différente de la première fois qu’elles s’étaient trouvées. Il ne faisait pas nuit. Il n’y avait pas la douce chaleur de l’état. Il n’y avait pas eu tant de morts. Elles avaient changé. Kandar, surtout, avait changé. La montagne l’avait changé et elle ne serait plus jamais la même. Et de fait, sa vision du monde, aussi, était altérée. Combien cela était-il triste à ses yeux. Alors oui, Salem avait changé. Ce n’était pas une opposition du genre alliée/ennemie ; Kandar douterait toute sa vie du positionnement de la sorcière sur ce point – et serait amenée à en douter encore plus dans les minutes à venir. C’était au-delà d’elles-mêmes, au-delà de cette femme qu’elle aurait tant apprécié retrouver, si ça n’avait pas été entre l’odeur du sang, des cendres et de la morosité. C’était une question d’est et d’ouest. De trigedakru et de barbares. De tueurs et de tués. Kandar ne pouvait plus prétendre à cette objectivité qu’elle adorait entretenir. L’attaque la touchait dans la chair même de son être. « Ton compagnon était la ? » Oui, Salem était toujours là, petite fille curieuse. Elle aurait souri, Kandar, si elle en avait le goût. « Il n’est plus là. » Ce fut dit avec cette même tristesse. C’était vrai. Baal n’était plus là. Elle ne voulait pas penser à lui. Elle ne voulait pas voir la mine affligée qu’il aurait, quand il apprendrait la nouvelle. La manière dont il se réfugierait dans son mutisme, pour retrouver ses chevaux. Il préférait toujours la présence de ses animaux, quand ça allait, quand ça n’allait pas. Et personne ne serait là pour le réconforter. Kandar ne verrait jamais tout ceci. Elle mourrait ici. Elle retint ses larmes qui brillèrent à la frontière de son regard.

L’ouest erratique s’exprima chez Salem et Kandar la retrouvait, cette fille brouillon, fille destruction. « Il les rejoindra. » C’était clair, oui. Et solennel, la conteuse hocha la tête. « Je sais. » C’était clair aussi. Kandar ne se faisait pas d’illusion. Elle avait pour but de connaitre la vérité et elle n’avait en aucun droit  – ni la force – de se voiler la face. Mais celle en face d’elle le faisait bien. Le mensonge alors, s’exprima d’une autre bouche, qui avait clamé l’appel des dieux, faussé. « Tu n’es pas le sacrifice. » Si le sang n’avait pas été là, si les blessures n’avaient pas été là, si la guerre n’avait pas été là, Kandar l’aurait vu, cette femme perdue, égarée dans un monde sans pitié. Elle aurait pu trouver ça charmant, le défaitisme dans la gestuelle de la dévoreuse de chair. Elle aurait pu en tirer profit. Mais ce n’était pas son rôle, pas son droit. Elle n’abandonnerait pas les siens ainsi. « Je pourrais te faire partir. Tu ne voudrais pas le faire. » Elle acquiesça un peu, sa main grattant toujours son genou dans ces gestes nerveux usuels. « Tu pourrais me faire partir, les autres ne me laisseraient pas. » Elle inspira un peu, suivant une volupté de fumée se faire avaler par le ciel. « Je suis déjà morte. » Dès qu’elle avait choisi de s’approcher de sa famille, plutôt que de prendre la fuite. « Je le sais. La question est de savoir, pourquoi tu ne me vois pas ainsi. » Ah. Ca reprenait. Ca ne l’avait jamais quitté. C’était juste là, tapi dans un recoin sombre de son âme. La part de conteuse, celle qui l’avait aidé à survivre dans la montagne. Celle qui, peut-être, avait été oublié là. Celle qui nécessitait que Kandar y revienne, pour la retrouver avec ce naturel qui lui avait manqué. « Qu’espères-tu de moi ? » Car, à ce niveau, c’était bien ça. De l’espoir. Rien d’autre n’aurais pu la sauver.
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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 19:25

« Il n’est plus la. »  Elle aurait presque pu ressentir de la tristesse pour Kandar, en imaginant son compagnon decédé. Ça ne faisait jamais du bien de perdre quelqu’un qu’on aime, Salem pouvait le penser. Elle se rappelait encore de cette fois où elle avait laissé quelqu’un s’enfuir pour protéger Lucifer. Elle le referait. Encore et encore. Parce que Salem dans le fond, elle n’était pas mauvaise, elle n’était pas comme ces barbares sans foi ni loi, ni comme ces gens de l’Est. Elle était Salem, la voix des dieux. Elle faisait à sa guise, et obéissait à ses propres règles. C’était bien suffisant.  Elle avait un cœur. Quelque part. Elle supposait, elle ne savait pas trop. Elle avait un esprit en tout cas, et celui ci pensait trop. «  Je … suis navrée. Pour toi. »  Elle essayait, les mots hésitaient toujours, quittant ses lèvres qui cette fois n’étaient pas tachées de sang, d’une manière disparate. Elle essayait de parler. Et elle fixait Kandar, encore et encore comme si elle était le phare qui lui donnerait la solution de la journée.

Ça ne venait pas. Kandar tremblait. Et Salem ressentait le besoin de s’affirmer. Le garçon ne pleurerait plus longtemps. Les dieux le voulaient sacrifice. Ils l’auraient. Elle ne pouvait rien faire contre ça. Elle ne voulait rien faire contre ça. Elle pouvait s’occuper d’autre chose. De Kandar. De la fille conteuse, de la femme brisée, qu’elle avait devant elle. Elle fixa longuement et reprit la parole. Les faits étaient ennoncés, Kandar n’était pas le sacrifice, les dieux ne la voulaient pas. Elle aurait pu partir. « Tu pourrais me faire partir, les autres ne me laisseraient pas. »  Elle fixa longuement, regarda les lèvres qui bougeaient, regarda les yeux dans les quels peut être se perdait elle.  « Les autres, s’occupent de la nourriture. » C’était presque un indice. Presque une solution. Elle aurait pu la laisser partir, protégée par Lucifer qui l’aurait protegé sur ordre de sa maitresse. Mais elle ne dit rien. Elle ne savait pas si elle pouvait le dire. Si elle voulait le dire. Si elle voulait le faire.

« Je suis déjà morte. Je le sais. » Et c’était froid peut être, dans le cœur embrasé de la fille brouillonne.  Elle voulait secouer la tête. Elle fixa, elle fixa et elle fixa encore. Elle aurait pu fixer toute une nuit durant à s’en bruler les yeux. Et c’était peut être ce qui s’était passé. Cette nuit avec elle avait brulé son ame. « Qu’espères tu de moi. »  Et les mots posés, ramenèrent Salem à la réalité.  Elle tendit la main, hésita, arrêta avant le visage de Kandar et gratta sa propre nuque. «   Je t’aurais esperé ailleurs. »   Et c’était on ne peut plus sincère, elle se releva. «  N’as tu plus envie de vivre ? »  Elle tournait, comme un lion en cage, comme si les mouvements ne pouvaient s’arreter. Frenetique. Aux aguets. A l’affut de quelqu’un qui pourrait revenir.

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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Dim 29 Mai - 20:16

« Je … suis navrée. Pour toi. » Il  eut un éclat, une brillance dans le fond du regard de Kandar, alors qu’elle penchait la tête légèrement sur le droit. L’humidité dans ses yeux se calma et il y eut une tentative de décrépiter Salem. La conteuse ne prit même pas la peine de le cacher, les deux femmes avaient dépassés ce stade. « Pourquoi l’es-tu ? » Il n’y avait pas le venin que Kandar aurait espéré avoir et elle poussa un petit soupir, quand l’ouest se termina sur sa langue. Ne savait-elle pas, la sorcière, que les sorts qu’elle jetait, les vies qu’elle prenait, pouvaient être regrettés par d’autres ? Ou alors était-ce parce que celle qui venait de Polis jouissait définitivement d’un traitement de faveur – sinon, elle n’aurait pas eu le temps de descendre de son cheval. Il y eut une question, une autre, qui resta en suspens. Peut-être était-ce une erreur, son temps était compté. Soit, elle emporterait des pensées dans sa tombe, des histoires que nul ne connaitre. Ses trésors.

Mais ce n’était pas fini, l’enfer ne prenait pas fin maintenant, les dangers la rattrapaient, même s’il y avait ce sentiment étrange, qui jurait tellement avec la situation. C’était une certitude, presque : Salem ne lui ferait pas de mal. Elle n’avait pas envie de tenter sa chance, Kandar. Si ce n’était pas la fille Sale, d’autres s’en chargeraient. « Les autres, s’occupent de la nourriture. » Il y eut un claquement de langue, alors que l’offense était prise, portée. « Parle mieux d’eux. Morts, ils restent ma famille. » C’était deux visions du monde qui s’entrechoquaient. Salem ne voyait que la viande, la conteuse voyait ses vies arrêtés, ces personnalités qui n’étaient plus, ses relations brisées, coupées par le tranchant de lames en tous genre. Elle ne rata pas, non, ce qui n’était pas dit. Ce qui s’entendait pour ceux qui prenaient la peine. Ca restait une des caractéristiques de Kandar. Jeter le regard où personne n’aurait dû. Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle se trouvait dans cette situation. Trop tard.

Kandar l’avait figée, Salem. Et comme il l’avait été une première fois, elle ne força rien, celle qui avait perdu sa douceur. Elle attendit, car elle connaissait la femme qui était en face d’elle, connaissait son rythme et la prudence, l’hésitation de ses morts (l’hésitation de sa vie). Elle posa une autre question et il y eut un mouvement, qui n’eut pas de finalité. Replié, évité. Regretté ? Le sourire revint, faible et oublié, en écho à ce qui s’était déjà produit, ce qui se répétait. « Je t’aurais espéré ailleurs. » La confession surprit Kandar, cela se vit, alors qu’elle suivait Salem du regard, comme si la dévoreuse de chair s’était brulée avec ses propres mots. « N’as-tu plus envie de vivre ? » Elle resta assise, à suivre les déambulations de Salem, la fille qui ne savait pas où aller, ne savait pas que faire. C’était un spectacle à voir, entre celle qui avait toutes les raisons de bouger, mais qui restait immobile ; et celle qui avait toute les raisons de ne poser qu’un acte, pour que tout prenne fin, en faire une succession de gestes nerveux, de gestes fous, incapable de faire le geste juste. « J’accepte le fait de mourir. Ce n’est pas la même chose. » Sa main, subitement, s’arrêta de gratter le tissu qui recouvrait son genou, et elle posa sa main sur le sol froid, trouvant le contact avec l’herbe humide et recouverte de givre. « Mon peuple est fier, Salem. Je ne suis pas une guerrière, mais je ne vis pas sans honneur. » Fuir les siens aurait été la pire des choses.

L’ouest ne s’arrêta pas sur sa langue, lui qui avait conquis l’est. « Tu n’as pas changé. Tu es toujours cette chose sombre qui n’ose pas m’approcher. » Lentement, elle se redressa, de ses os fatigués et tiraillés par l’enfermement qu’elle avait subi et qu’elle ressentait encore, à certains moment. « Pourquoi crains-tu de me faire du mal ? » Il y eut une hésitation. Le vent souffla dans les plaines et la familiarité de la température jura encore plus, aux yeux de Kandar, qui avait perdu tant, ici, aujourd’hui. « Pourquoi t’es-tu attachée à moi ? » Là était toujours la question, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Jeu 2 Juin - 19:33

Et elle était navrée oui Salem, il y’avait cette amertume dans sa gorge quand elle pensait au fait que Kandar avait perdu autant. Elle était navrée, mais elle ne savait pas spécialement l’être. Elle était navrée, mais elle savait que c’était un tort. Alors elle secoua un peu la tête oui. Pour chasser tout ça. Elle venait de l’Ouest, de la où la vie était rude, où l’on ne s’attachait pas. Elle venait de l’Ouest par tous les dieux, et elle ne devait pas se retrouver comme une gamine perdue. Et elle était perdue putain, par tous les dieux du monde, elle était perdue. A cause de cette conteuse qui mettait des etoiles dans son cœur, et des flammes plein son corps. «  Pourquoi l’es-tu ? »  Elle secoua la tête, passa un de ses doigts sur ses cheveux courts, effleurant les piques qu’elle portait à ses oreilles, tenta de se blsser dessus mais n’y arriva pas. Elle devait se punir pourtant. Elle le ferait plus tard. Elle fixa. Longuement. Et ne répondit pas. Il y’avait des mystères derrière ses yeux lourds qu’elle ne voudrait jamais révéler. Qu’elle ne savait pas vraiment comment révéler peut être.

Et ça continua, cette conversation à deux sens, qui perdait tant la ritualiste. Et ça continuait oui. Elle fit une remarque, sur l’occupation des autres. Ses autres. Son peuple, ses alliés. Ceux qui avec Lucifer devaient se repaitre de leurs proies. Elle n’était pas comme eux. Elle ne les haïssait pas. Elle haïssait trop peut être. Mais elle n’était pas comme eux, et elle aurait aimé que Lucifer ne le soit pas totalement.  Elle aurait aimé qu’il soit d’avantage comme elle, mais elle avait crée un monstre. Et le monstre dépasserait un jour le maitre qu’elle était. Peut être. Ce n’était pas le sujet. Non, ce n’était pas le sujet.  Le sujet des autres avait heurté Kandar, et Salem se mordit l’interieur de la joue. «  Pour les gens de l’Ouest, la famille n’existe pas vraiment. »  Elle fronça les yeux, elle fixa un peu, longuement, trop longuement. Kandar la désarçonnait plus qu’elle n’aurait du le faire. Et elle oubliait presque qu’il y’avait un enfant avec elles. Le futur sacrifice. «  Ils voient la nourriture. Ils voient le carnage. »  Et ils, ce n’était pas elle. Mais elle ne savait pas le dire. Elle ne savait pas où elle se situait. Elle savait. Qu’elle avait fait des choses atroces. Elle ne se repentait pas. Elle en ferait d’autres, assurément. Ils, étaient le meilleur moyen qu’elle puisse arriver à Polis et mettre Lucifer à sa place. Elle ne le savait que trop.

Et Kandar la figea. Comme elle l’avait déjà fait, comme elle le ferait encore peut être – ou peut être ne le ferait elle plus jamais si Salem n’arrivait pas à la sortir de la -   Alors Salem tenta de récupérer sa contenance, mais elle s’était enfuie, elle s’était enfuie cette confiance en elle, et c’était tout à cause de ce petit bout de femme qui ne tiendrait meme pas une arme en face d’elle. C’était stupide.  C’était déconcertant surtout. Et elle ne comprenait pas. Personne ne comprendrait. Elle n’était même pas sure que Kandar le comprenne.  Elle n’était meme pas sure de vouloir le demander.  Une autre vérité jaillit néanmoins de ses lèvres, comme une flèche brulante, comme un serpent d’acide. Elle fixa. S’accroupit en face de Kandar, sans cesser de bouger ses mains.  Mais pas envers Kandar. Elle ne méritait pas de toucher cette chair. «  Mon peuple est fier, Salem. Je ne suis pas une guerrière mais je ne vis pas sans honneur. »   Elle eut une chaleur à l’interieur de son être quand la conteuse dit son nom, mais elle secoua la tête après ça, et fixa longuement comme si alors que tout son corps ne tendait qu’a bouger ses yeux eux parvenaient à fixer un point. L’étoile en l’occurrence. «  Il n’y’a pas d’honneur à mourir. Pas dans les mains de ceux de L’Ouest. »  Et une fois de plus, elle ne se comptait pas dans le lot.  

Elle aurait juste aimé finalement, que Kandar s’en aille, accepte sa protection, prenne un cheval et s’enfuit. Elle aurait accepté les coups, elle aurait menti. Elle aurait meme pu la prétendre elue des dieux et prendre sa protection. Elle pouvait le faire. Elle savait juste… Elle avait peur que Kandar ne le veuille pas. Et la diseuse d’etoile la déroutait bien trop pour qu’elle n’affirme des ordres. « Tu n’as pas changé. Tu es toujours cette chose sombre qui n’ose pas m’approcher. »   Il y’eut cette brulure en son sein même, et elle répéta ces memes mots qu’elle avait dit bien des années plus tot. «  Je brule ce que je touche. »  Mais c’était trop tard, et il ne s’agissait pas des marques sur sa peau, c’était une autre blessure. Elle aurait très bien pu, Salem, ne pas être dans ce groupe, elle n’aurait jamais su que Kandar était celle qui aurait été tuée. Elle n’aurait jamais su, elle n’aurait rien causé. Mais elle était la, et elle voyait la conteuse et chacun de ses mouvements, chacun de ses mots lui rappelait qu’elle était ce démon de l’Ouest venu semer la mort. Elle était dangereuse. Elle le serait toujours.   Kandar se redressa, Salem hésita, fit un pas en arrière, se redressa aussi, et laissa ses yeux dériver sur le corps fatigué, sur le corps frêle et pale. « Pourquoi crains-tu de me faire du mal ? »  Il y’eut un silence, elle hésitait aussi. Elle hésitait encore.  « Pourquoi t’es-tu attachée à moi ? »   Et il y’eut ce moment de vérité, où le courage reprit les armes dans le corps de la barbare, il y’eut ce moment où brilla dans ses yeux une flamme, tandis qu’elle esquissa ce qui aurait pu être un sourire un rien triste. «  Tu intéressais les dieux. »  Et ce n’était pas que ça, même cet écho de leur passé semblait vain. «  Tu m’interesses toujours. Ton esprit. La langue des étoiles. »  Et pour ça, pour quelques contes, pour des histoires, elle aurait pu tout risquer à la sauver.

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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Jeu 2 Juin - 21:03

C’était une leçon de vie. Quel dommage que Kandar ne puisse pas vivre assez longtemps pour l’enseigner aux autres, tout ce qu’elle apprenait de cette sorcière, barbare sans en être une (sinon, la conteuse ne serait plus que nourriture, non ? Et de toutes les civilisations, ça devait être rude, de jouer avec la nourriture). Elles allaient ainsi, d’opposition d’idées en opposition d’idées. Et parfois il y avait le silence qui s’élevait entre elle, comme un souffle de paix. Ce n’en était rien. Car la guerre était tout autour d’elles. Dans ce sang qui maculait le sol, le feu qui terminait de dévorer les tentes, les cendres qui s’emparaient du ciel. & Kandar était terriblement sincère (elle l’était toujours), elle ne cherchait pas à gagner du temps, car elle était prête. Elle y était prête depuis ce jour, un jour qui ressemblait aux autres, enfermée dans cette cage de métal où rien n’aurait pu la délivrer, attendant, captive, entre deux saignées. Elle était attentive, la femme frêle, à ces mouvements brouillons de Salem, ces hésitations, ces agitations. Elle n’avait aucune peur. Elle n’était que rage.

Salem était tout l’inverse. « Il n’y’a pas d’honneur à mourir. Pas dans les mains de ceux de L’Ouest. » Il y eut une reniflement presque moqueur. Si elle avait été la femme d’il y a deux ans, Kandar aurait ri. Mais le monde avait fait son travail sur sa personnalité et, son visage retrouva son calme. Dans son regard noir, il n’y avait que ce vieux savoir, d’un ainé qui contemplait l’erreur d’un plus jeune – quand bien elle ignorait l’âge de la barbare. « Ce ne sont que des instruments. La mort ne s’incarne pas. Elle désincarne. Qu’importe son vaisseau. C’est le cœur même de vos sacrifices. » Il y eut une morale, sur le bout de ses lèvres. « Tes dieux ne t’ont pas appris ça ? » Ce n’était pas jugeur – combien Kandar aurait voulu l’être. Car dans ses leçons, résidait toujours cette douceur innée, ce sourire naturel, doux, qui tranchait avec l’ensemble du tableau. Tranchait même avec cette langue dure et brutale de l’ouest qu’elle utilisait.

Ces dieux dont Salem s’était servie pour défendre celle qui venait de Polis. Le jeu ne durerait pas assez longtemps. Bientôt la mascarade prendrait fin –prendrait faim- et elle se retrouverait sous la lame de l’un d’entre eux. Bien sûr, Kandar aurait préféré que ça soit la ritualiste en face d’elle. Mais elle n’avait pas la possibilité de choisir, n’est-ce pas ? Au mieux, la conteuse se contenterait de déstabiliser l’incarnation pétrole qui était en face d’elle. «  Je brule ce que je touche. » Et il y eut à nouveau ce sourire, alors qu’elle se redressait, lentement, tiraillée par la faiblesse latente de ses os. « Tu es la seule à bruler ici, Salem. » Ils frappaient, non ? Ses mots, ses remarques, ses pensées. Elle le voyait dans les pupilles de la sorcière, la manière qu’elle avait de battre en retraite et que, comme une loi inaliénable de la nature, Kandar marqua un pas en avant. C’était un défi silencieux, sans qu’elle ne le réalise, elle était reprise dans cette danse que les deux esprits vivaient encore.

A l’exception qu’elle ne trouvait Salem ni belle, ni attirante. L’intellectuel était toujours en bataille, sur le qui-vive. Ce besoin de défendre la famille qui était tombée, qui ne serait même pas brulée, juste dévorée par ces envahisseurs de l’ouest. L’attraction qui résistait n’était qu’instinctive. Était-ce la proximité d’une créature qui le vivait à son summum qui éveillait ainsi la part profonde de l’être de Kandar ? Elle n’aurait pu, ni su, le dire, ne le réalisant pas elle-même. Elle était concentrée sur les mots, cette question qu’elle avait posée. Pourquoi t’es-tu attachée à moi ? Et la réponse qu’elle allait recevoir. Ce malgré le désarroi de celle qui était en face d’elle. Ce courage un peu fou, à l’image de la Fille Folle. « Tu intéressais les dieux. » Elle plissa un peu les yeux, Kandar, alors qu’elle se redressa un peu plus, comme si le ciel tirait la ficelle de sa colonne vertébrale, sur le point de s’envoler, emportée par le vent. Mais elle avait les pieds sur terre, fermement attaché à ce sol qui la verrait mourir. « Tu m’intéresses toujours. Ton esprit. La langue des étoiles. » Et elle s’approcha un peu plus, franchissant la limite de ce que la conscience aurait dû lui interdire, oubliant presque la présence de Enrï, qui suivait la scène, captivé. Elle tendit son bras, de ce mètre unique qui les séparait, effleurant le menton de celle qui aurait dû brûler – le commentaire lui échappa « tu vois, tu ne me brules pas » -  griffant un peu l’angle de cette mâchoire. « Tu ne peux pas mentir au nom des dieux pour obtenir ce que tu veux. » Le bras tomba, mais elle sentait encore la peau de Salem sur l’empreinte de ses doigts. « Tu ne peux pas tout avoir, Salem. » Ca sonnait comme un Tu ne peux pas m’avoir. Ce qui était le cas. « Tu ne peux me sauver, toi qui es destruction. »
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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Jeu 2 Juin - 21:32

Et il y’aurait toujours cette opposition entre l’Est et l’Ouest, entre les barbares et les civilisés. Mais les civilisés l’étaient ils vraiment ? N’étaient ils pas eux aussi des peuples de guerre et de violence ? Salem s’était toujours interessé a leurs coutumes, elle haïssait leur Nord, elle haïssait leurs lois, et leurs guerriers, mais elle savait pas, pas vraiment, d’avantage au fond. Elle savait qu’ils vénéraient une femme au Sang noir, parce qu’elle avait fait ses preuves, elle savait que Tamakk, plus que tout, voulait tuer et posséder, elle savait qu’ils avaient des maisons, que les enfants parfois vivaient heureux. Elle savait qu’ils mentaient. Et les dieux étaient en colère quand elle disait ça, alors elle souffrait. Mais elle savait qu’elle n’aurait peut être jamais la chance de voir l’Est. Parce qu’elle mourait avant. Et peut être que c’était ce soir, peut être que c’était à ce moment la que sa route s’arrêtait. Ça serait la fin.  Les dieux ne le voulaient pas. Elle les entendait rire d’elle comme si elle était un pantin macabre. Ils jugeaient, sa faiblesse, ses attitudes, et elle se jugeait aussi. Elle se jugerait demain, si elle survivait à la nuit.  

Et la nuit serait faite d’oppositions oui. D’idées qui se lançaient, d’arguments qui s’opposaient, s’affrontaient.  Il y’eut presque un jugement qui n’en fut pas un. Et Salem planta son regard sur la conteuse, sur les vêtements qu’elle portait qui cachaient à peine son corps si maigre. «   La mort est un dieu, Kandar, un dieu qui choisit ses instruments avec soin. Mais des bouchers ne sont pas des soldats, et l’honneur ne se gagne pas sous les coups d’un bourreau. » Elle fronça les sourcils quelques instants, passa la main sur son front presque propre. «  Mes dieux n’aiment pas les morts inutiles. »  Et c’était un moment où elle ne savait pas si c’était vraiment de ses dieux qu’il s’agissait, ou de la voix de sa conscience.  Elle ne connaissait pas vraiment ce concept. Elle ne savait pas. Elle était juste la, écoutant la femme ébranler ses principes avec de la douceur dans sa voix, et ce dialecte de l’Ouest qu’elle parlait si bien. C’était étrange. Elle aurait pu la colorier de saleté et de sang, et la faire passer pour l’un d’entre eux. Elle aurait pu… Non. Elle ne voulait pas avoir d’idées aussi saugrenues. Ca ne marcherait pas. Kandar ne voudrait jamais.

Et Kandar était la, toujours en face d’elle, déstabilisante au possible – le faisait elle exprès ? Salem ne le savait pas, ça la perdait d’autant plus - . Il y’avait un sourire sur ses lèvres, celles de Salem étaient fermées, tandis qu’elle mordait si fort sa joue pour en sentir le sang métallique. « Tu es la seule à bruler ici, Salem. »  Et c’était douloureux. Elle battit en retraite comme une enfant perdue, comme une enfant blessée, qui reculait encore, vers les murs qui n’existaient que dans sa tête. Elle aurait du s’enfuir peut être.  Elle aurait du l’achever. Ou l’assommer et l’emmener très loin. Elle aurait pu le faire.  Elle ne le ferait pas. Elle avait trop de respect pour la conteuse pour la forcer ? Et pourtant…  n’etait-ce pas ce qu’elle était en train de faire ? Elle la forçait à parler ? Elle la forçait à survivre ?  Elle secoua la tête.  Et acculée un peu plus, elle cracha la vérité. Elle s’était attachée peut être. Elle était attirée, intéressée, par cette femme qui parlait la langue des étoiles et la langue du passé.  

Un doigt effleura son menton. La provocation suivi. En était-ce une ? Ne l’était-ce pas ? Elle continuait de mordre l’interieur de ses lèvres, se délectant du sang, et de la douleur qui la calmait un peu. La griffure fut un soulagement. Le froid du vide qui suivit en fut un plus grand et une blessure aussi.  « Tu ne peux pas mentir au nom des dieux pour obtenir ce que tu veux. »   Ses yeux tentèrent de fuir, se fixant sur l’enfant, se fixant sur les cordes qui le tenaient attaché, se fixant sur le sol mouillé par le sang et les pluies du passé. «  Tu ne peux pas tout avoir, Salem. »  Et ça voulait dire bien plus.  Et ça voulait dire bien trop. Et elle gardait le silence la sauvage, parce qu’elle voulait trop, c’était ainsi depuis la première nuit de sa vie. Elle voulait les histoires, la connaissance, elle aurait voulu autre chose, elle ne l’avait jamais trouvé. Et elle voulait encore accomplir des envies de dieux qui n’existaient que dans sa tête peut être. « Tu ne peux me sauver, toi qui es destruction. »  Et c’était beau. Si beau. Mais si cruel aussi, que la barbare fut figée un instant. «  Tu as raison. »  Ca paraissait presque sage, ça aurait presque pu l’être, si en quelques pas Salem ne s’était pas retrouvée devant la conteuse, a quelques centimètres de son corps. «  Toi seule peut te sauver. » Et elle se demandait pourquoi elle ne luttait pas contre elle, pourquoi elle ne fuyait pas. «  Tu n’as plus rien à sauver ici. Reprends ta route conteuse. » Elle essayait. En vain. Une dernière fois. Et peut être qu'elle pourrait bruler le monde pour lui permettre de partir.

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MessageSujet: Re: bear the pain, share the pain ▬ Salem    Jeu 2 Juin - 22:11

Le temps n’était pas clément. Sinon aurait-il jamais apporté la mort sur la famille de Kandar, celle-là même qu’elle n’avait pas revu depuis deux ans. Oui, le temps n’était d’aucune générosité, car leur dialogue serait amené à connaitre une fin. Il ne pourrait pas continuer, comme protégé par la nuit, s’échangeant un savoir propre, savoir chéri par l’une et par l’autre. Les esprits s’opposaient, les commentaires volaient. Ces dieux qui n’avaient jamais été attaqué, lors de leur première rencontre, essuyaient affront sur affront, maintenant. « Mes dieux n’aiment pas les morts inutiles. » Kandar mima l’expression de la sorcière, suivant à la perfection. Elle fronça les sourcils, serra ses poings faibles sur ses propres doigts. « La mort ne fait pas partie de tes dieux ? » Et elle leva les bras sur ses terres désorées. Ses terres. « Explique-moi tout ceci alors. » C’était l’autorité. C’était la colère qui s’éleva, bientôt, dans cette langue de l’ouest. Cet ouest qu’elle méprisait tant pour lui avoir arraché ceux qu’elle aimait. Lui avoir pris la fille dont elle avait construit de si beaux projets. Et elle chercha les orbes noires de la Fille Folle, confrontant son regard. « Quelle est la finalité de votre massacre ? » Quel était le but ? Ah. Là était une question qui aurait d’utilité plus que sa simple personne. Ils se demandaient tous ça, à Polis. La raison derrière ces actes.

Kandar y pensait à peine. Elle ne cherchait que la confrontation. Le point de rupture. Celui qui ferait que Salem plierait l’échine et mettrait fin à ce qu’elle ne pouvait empêcher. Elle n’en était pas loin, celle en face ne cherchant qu’à se dérober à son devoir. Ce qui était attendu de ceux qui se repaissaient de sa famille. Soudainement, Salem fut si proche. Kandar ne broncha pas, cligna des paupières, expira sur la joue de Salem. Il n’eut aucun geste. Ni d’approche, ni de recul. Elle détailla les yeux fous qui emplissaient sa vue et attendit, cette intensité dans le fond de ses iris. « Toi seule peut te sauver. » Si elle avait eu sa lame, elle l’aurait fait, oui. Elle aurait enfoncé la lame dans la gorge de Salem pour la regarder saigner sans l’once d’une satisfaction. Peut-être que cela se vit ? Elle n’en avait cure. « Tu n’as plus rien à sauver ici. Reprends ta route conteuse. » Elle secoua la tête. Ce n’était pas de la fierté. C’était du rationalisme, qui s’éleva, dans ce dialecte qui n’aurait jamais dû en exprimer. « Je ne suis pas venue ici pour sauver. » Elle en avait parfaitement conscience. Elle était venue ici pour guider, comme elle le faisait toujours. Il n’y avait personne à guider. Enrï mourrait bientôt. Et si les dieux étaient cléments, il en serait de même pour Salem et tous les autres, dans les jours à venir.

Et soudain, elle se détourna, pivota sur ses pieds, effleurant tout juste Salem. « Où penses-tu que j’irais, Salem. Ne me dis pas de partir sans me donner une direction. Je vous croiserais encore, vous me rattraperez surement. » C’était logique, c’était sens. Son regard dur s’adoucit en retrouvant la figure de son neveu. Elle s’approcha, se mit à genou devant lui. Le trigedasleng reprit son droit, alors qu’elle effleurait sa joue. « Continue d’être fier. Tu retrouveras les tiens sous peu. » Elle lui sourit sincèrement. Avant de se retourner vers l’être brouillon, reprenant l’accent de ces terres qui envahissaient les siennes. « N’as-tu pas ce qu’il faut pour me tuer ? » Et c’était un défi, qui s’élevait dans l’air.
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